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Le temps pluvieux crée de mauvaises conditions de récolte. Prendre la décision de récolter quand même, c’est aussi prendre la décision de compacter son sol. Photo : Martin Ménard/TCN

Le temps pluvieux crée de mauvaises conditions de récolte. Prendre la décision de récolter quand même, c’est aussi prendre la décision de compacter son sol. Photo : Martin Ménard/TCN

La boue s’invite (encore) dans les récoltes

La pluie et la boue compliquent les récoltes dans plusieurs régions du Québec. Et les prévisions météorologiques sont loin d’encourager les producteurs.

« C’est horrible! La batteuse a tracé des champs d’un bout à l’autre. Il y a de la boue partout. La pluie a commencé en septembre avec quatre pouces d’eau et ça n’a jamais arrêté. On s’est même pris dans le chemin de ferme avec les voitures à grains. Mais au moins on a réussi à tout finir mercredi passé », exprime Diane Jacques, de la Ferme Valjack, à Saint-Eugène-de-Guigues, au Témiscamingue. « Travailler dans de pareilles conditions, c’est bien certain que ça va compacter le sol. Seigneur! » s’inquiète-t-elle.

Au moins les rendements dans le soya et l’avoine ont été très bons et ses voisins parlent aussi d’une bonne récolte dans le maïs. 

À Sainte-Madeleine, près de Saint-Hyacinthe, Gérard Beauchemin se dépêchait de terminer la récolte de l’un de  ses champs de soya le 19 octobre. Les prévisions météo ne lui donnaient encore qu’une vingtaine de minutes avant le début de la pluie. « J’espère qu’il n’en tombera pas trop. On en a déjà eu assez », mentionne-t-il au journaliste de La Terre qui était sur place pour constater les conditions de récolte. « Ce n’est pas idéal, mais j’ai déjà vu pire, ajoute l’agriculteur d’expérience. Surtout il y a plusieurs années, avec les batteuses sans roues doubles et sans four wheel drive [quatre roues motrices], j’aurais été pris ça n’aurait pas été long. » Le copropriétaire de la Ferme Gérard Beauchemin se dit qu’au moins le maïs n’a pas été couché par le vent comme l’an passé, ce qui l’avait empêché de récolter près de 30 % de ses superficies.

« Un automne de misère »

Au Lac-Saint-Jean, André Ménard récolte ses champs au compte-gouttes lorsque la météo lui permet. « C’est un automne de misère. Le terrain n’est pas assez solide pour opérer. Il me reste 80 acres à récolter et je crains de ne pas pouvoir les compléter », s’exaspère le copropriétaire de la Ferme Anrame. Baume sur son cœur : les rendements sont bons dans son soya, mentionne-t-il.

La patience est de mise

L’agronome Julie Street comprend les producteurs d’être stressés par la pluie et de décider de récolter leurs champs même lorsque les conditions du sol sont passables, mais elle rappelle que la patience est plus payante à long terme. « La compaction qui aura été créée en profondeur entraînera des conséquences de rendement pour les prochaines années », assure-t-elle.

Plus de détails dans la version papier de La Terre de chez nous qui paraîtra le 28 octobre.