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Grains Lac Supérieur en faillite : un gouffre de 32 M$

Dans son édition du 25 décembre dernier, la Terre annonçait que les Grains Lac Supérieur ltée (GLS), un important acheteur et distributeur de grains, se trouvait en situation précaire.

Nous connaissons la suite : l’entreprise a fermé ses portes, laissant plusieurs créanciers toujours impayés. Le 2 janvier, GLS déposait un avis mentionnant son intention de leur faire une proposition. Puis, ç’a été le silence. Or, le 11 février, GLS a réapparu afin de demander de proroger de 45 jours le délai pour soumettre ladite proposition, ce que des créanciers refusaient. La Cour a tranché : pas de délai supplémentaire. Conséquemment, GLS est maintenant officiellement en faillite.

Les créanciers seront-ils payés?

La faillite signifie évidemment que le syndic mettra en vente les actifs et procédera ensuite au partage des produits de leur vente. Techniquement, c’est une bonne nouvelle; les actifs totalisant environ 6 M$ apaiseraient un peu la douleur des créanciers. Mais en vérité, rien n’est certain, car quelques jours à peine avant de déposer un avis d’intention aux créanciers, Upper Lakes Group, le propriétaire de GLS, enregistrait une hypothèque mobilière de plus de 30 M$ avec les GLS, et ce, afin de prioriser le remboursement de son institution financière, la Banque Scotia, qui avait prêté 32 M$ à GLS. La question que tous se posent : cette hypothèque de dernière minute est-elle légale? « Si la Cour en matière de faillite et d’insolvabilité juge que l’hypothèque est légale, eh bien oui, la totalité des actifs iront à Upper Lakes Group », affirmait Dominic Picard, qui agit à titre de syndic dans cette affaire. M. Picard ajoutait que le juge pourrait désigner l’hypothèque comme illégale, et à ce moment, répartir les actifs à tous les créanciers.

Plusieurs créanciers sont en furie; certains ont vendu du grain à GLS qui a chargé deux navires vers la fin novembre, alors que l’entreprise savait que des irrégularités comptables avaient vraisemblablement été commises. Ces deux bateaux de grains ont permis à GLS d’empocher 18 M$. Plusieurs créanciers considèrent avoir été volés d’une partie de cette somme…

Le chat (ou le comptable) sort du sac

Nombreux sont ceux qui prétendaient qu’une fraude pouvait expliquer comment une entreprise en affaire depuis 30 ans pouvait fermer abruptement. Dominic Picard semble pointer le comptable de GLS du doigt. Ce dernier aurait falsifié les stocks de grains depuis quelques années. La Terre a demandé à M. Picard comment il était possible que personne, ni chez le propriétaire Upper Lakes Group, ni directement chez GLS, n’ait remarqué qu’il manquait des millions de dollars de grains en stock, l’équivalent de plus d’un bateau? « C’est justement une question à 30 M$ que vous posez là… »

Un tirage au sort pour perdre des milliers de dollars

Dans son document présenté à la Cour, le syndic Dominic Picard fait état d’un graphique indiquant l’évolution de la marge de crédit de GLS à la Banque Scotia. Un simple coup d’œil nous montre que depuis le 2 septembre 2013, GLS affichait une note négative qui oscillait approximativement entre 30 et 45 M$. En d’autres mots, si GLS avait fermé plus tôt, la créance aurait été semblable, mais le nom des créanciers aurait été différent. Par exemple, l’un des créanciers les plus importants, le Groupe Robitaille, a avancé des sommes colossales à GLS vers le 2 octobre. Autrement dit, si Upper Lakes Group avait décidé de fermer GLS au mois de septembre, le Groupe Robitaille n’aurait probablement rien perdu!

principaux créanciers de la débitrice