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Foins 2019 - Voici le bilan de la première coupe

La première coupe de foin est somme toute terminée dans l’ensemble du Québec. Après les épisodes de sécheresse des dernières années, La Terre vous présente les résultats obtenus par cinq agriculteurs de différentes régions. Leur témoignage reviendra dans nos pages au fil des semaines pour rendre compte du rendement de leurs prochaines récoltes de plantes fourragères.

Ferme Princy, Abitibi

« On vient de faire 35 acres sur plus de 300 et les rendements sont très bons avec environ trois tonnes [de foin] à l’acre. Les champs sont fournis; il n’y a pas de trous », mentionne Mylène Bégin. Ses cultures ont pratiquement trois semaines de retard, observe-t-elle, ce qui a obligé sa famille à amorcer la 1re coupe, même si les plantes fourragères n’avaient pas atteint leur stade de maturité. « Le trèfle n’avait même pas de boutons de fleurs et on commençait à peine à sentir la caboche dans la tige du mil. Mais on n’avait pas le choix : de la pluie était prévue et on voulait que le foin puisse avoir le temps de fermenter comme il faut », explique l’agricultrice, qui possède 55 vaches à Sainte-Germaine-Boulé.

Photo : Gracieuseté

Pascal Pelletier de la ferme Pocatoise. Photo : Gracieuseté

Ferme Yves Lacoste & Fils, Montérégie

Les Lacoste n’ont pas eu l’occasion d’essayer pleinement leur nouvelle fourragère automotrice. « La 1re coupe n’a pas pris de temps : il n’y avait presque rien! On a obtenu 15 % des volumes de la 1re coupe de l’an dernier. Par endroits, on ne voyait pas si on avait fauché ou pas », explique Jean-Yves Lacoste, copropriétaire d’une ferme laitière à Upton abritant 620 vaches, dont 320 en lactation. Il précise cependant que la qualité des volumes récoltés lui apparaît très bonne.

Ferme Pocatoise, Bas-Saint-Laurent

« Les rendements sont très bons, même meilleurs que notre moyenne des dernières années. Malgré le retard, on a fauché au bon stade de la plante. Donc, la qualité est bonne. Les nouvelles implantations sur les terres sablonneuses ont souffert un peu, mais celles des terres argileuses poussent très bien. C’est vraiment bien parti, ça fait du bien », affirme avec soulagement Pascal Pelletier, dont l’entreprise de La Pocatière a sévèrement été frappée par la sécheresse lors des deux dernières années.

Ferme Karodou, Outaouais

« C’est vraiment désastreux comme situation. Nous avons perdu tout notre foin sur 30 acres en raison de la mortalité hivernale », affirme Sylvain Mondou. Sa conjointe Caroline Martel ajoute : « On est en déficit. On a fait 300 balles de moins avec notre 1re coupe. La graminée a fini par bien pousser, mais avec la pluie et le froid, la luzerne a étouffé. Le taux de protéines et la digestibilité de la 1re coupe sont donc moins bonnes qu’à l’habitude. Pour une ferme laitière comme la nôtre, ça aura de grosses répercussions. Ça va faire augmenter les coûts d’alimentation. Et si ça continue, je pense qu’on va manquer de volume. [Le faible rendement de la 1re coupe s’additionne à la sécheresse de l’an dernier]. On fait ce qu’on peut en espérant une meilleure 2e et 3e coupe. »

Photo : Gracieuseté

Ferme Morivan, Saguenay–Lac-Saint-Jean

« Notre 1re coupe était bonne, mais rien d’exceptionnel, car on l’a fait vraiment de bonne heure, soit le 13 juin alors que la luzerne n’avait que 18 pouces de hauteur et pas de boutons floraux. On a fauché tôt, car même si la saison est en retard, on veut faire trois coupes de foin », explique la copropriétaire Marie-Claude Morin. À vrai dire, la Ferme Morivan a l’habitude d’effectuer « trois coupes agressives au lieu de deux grosses », mentionne Mme Morin, établie à Hébertville, près d’Alma. L’agricultrice spécifie que contrairement à certains secteurs plus au nord du Lac, ses prairies n’ont connu aucune mortalité hivernale. La table est mise pour une excellente 2e coupe. « La luzerne est bien repartie. Elle est vraiment belle et uniforme. Si on peut avoir un peu d’eau et de chaleur, les rendements risquent d’être très bons », dit celle qui prévoit effectuer sa 2e coupe vers le 15 juillet.