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La culture maraîchère prend progressivement sa place sur le terrain de l’entreprise qui fait aussi dans l’aménagement paysager.

La culture maraîchère prend progressivement sa place sur le terrain de l’entreprise qui fait aussi dans l’aménagement paysager.

Faire pousser des légumes… à Fermont

Francine Marcoux ne suffit plus à la demande. Chaque semaine, la propriétaire de Pousse Partout, à Fermont, livre une trentaine de paniers bio contenant des légumes qui sont cultivés au-delà du 52e parallèle.

Pousse Partout cultive des carottes et des pommes de terre dans des cageots de bois.

Pousse Partout cultive des carottes et des pommes de terre dans des cageots de bois.

Son entreprise, d’abord spécialisée en aménagement paysager, a lancé son volet horticole en 2014 en faisant venir depuis Baie-Comeau un camion rempli à ras bord de sacs de terre. Un voyage de 566 km. « Tout était à faire », se souvient la diplômée de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe. « Ici, il n’y a pas de zone agricole, ajoute-t-elle. Il n’y a que de la roche et une mince couche de sol minéral très acide. »

Réutiliser le sol

Après avoir acheté le dernier terrain disponible dans le quartier industriel de Fermont, Mme Marcoux a démarré sa première saison en semant des graines de laitue directement dans les sacs de terre qu’elle avait déposés sur des morceaux de styromousse afin de préserver la chaleur. « Ça a super bien poussé », dit-elle, ventant les qualités du plastique pour conserver la chaleur.

Chaque année depuis, elle recycle la terre contenue dans les sacs pour l’entreposer dans des cageots qui lui permettent de cultiver carottes et pommes de terre. Après trois ans en boîte, cette terre est ensuite mélangée au compost produit à même les résidus de l’entreprise, puis réutilisée pour former des buttes. L’agricultrice grossit ainsi d’année en année les surfaces qu’elle exploite, et fait maintenant pousser oignons, échalotes, ail, laitues et carottes en plus d’une dizaine d’autres variétés de légumes. Pousse Partout s’est aussi mise aux fraises qu’elle cultive en serre. « On a des résultats vraiment incroyables avec tous nos produits », dit la productrice, elle-même visiblement étonnée.

20 heures de lumière

Cultiver à 1 240 km au nord-est de Montréal vient évidemment avec son lot de bons et de moins bons côtés. Mme Marcoux s’empresse de souligner les avantages qu’elle y voit, notamment les journées de 20 heures de lumière en juin. « La croissance des plantes se fait rapidement », mentionne-t-elle, ajoutant que la région a pour autre avantage de renfermer un faible nombre de ravageurs. « Il y a seulement quelques marmottes qui ont trouvé mon garde-manger », lance-t-elle avant d’éclater de rire.

Le froid constitue sa seule vraie menace, admet-elle. « Le sol peut geler à n’importe quel jour dans l’année ici. » Qu’à cela ne tienne, la productrice fait avec en privilégiant des variétés de légumes adaptés au froid qu’elle protège avec des murs brise-vent, créant un véritable microclimat.

Récompense

Le travail de Mme Marcoux a été souligné cette année par l’Ordre national du mérite agricole (ONMA) qui lui a remis le titre de Chevalier en plus d’une mention de Grand Mérite Catégorie bronze. Une reconnaissance que n’espérait pas la productrice.

« Je m’étais inscrite au concours pour recevoir les conseils des juges », dit-elle, expliquant que la région n’a pas pu compter sur la visite d’un agronome avant l’an dernier.

Martin Primeau, journaliste.