La principale raison qui pousse un producteur à s’équiper, c’est la disponibilité des outils pour pouvoir fertiliser les champs au moment voulu.

La principale raison qui pousse un producteur à s’équiper, c’est la disponibilité des outils pour pouvoir fertiliser les champs au moment voulu.

Épandage de fertilisant : déléguer ou prendre les commandes?

Lorsque vient le temps de renouveler leur équipement ou de revoir leur gestion des fertilisants, les producteurs se posent souvent la même question : devrais-je travailler avec un forfaitaire ou m’équiper moi-même?

Selon les interlocuteurs consultés par L’UtiliTerre, le choix de la stratégie la plus économique pour un producteur dépend d’une série de facteurs.

Selon Gérald Villeneuve, agronome au club-conseil AGEO-Club, la principale raison qui pousse un producteur à s’équiper, c’est la disponibilité des outils pour pouvoir fertiliser les champs au moment voulu.

« La plupart des producteurs font leur épandage durant les mêmes périodes au printemps et à l’automne, explique-t-il. Comme les forfaitaires sont très occupés durant cette période, il y a des chances que l’opération ne soit pas faite au meilleur moment. »

Il en va de même pour ceux qui fertilisent leurs champs après chaque coupe d’herbes fourragères, souligne pour sa part Claude Decelles, gérant de territoire chez GEA. « Quand je viens de faire les foins, c’est le lendemain qu’il faut être dans le champ pour l’épandage, dit-il. Si le forfaitaire n’est pas disponible, on perd en rendement parce que l’herbe ne récupérera pas aussi rapidement même si on épand après deux ou trois jours. »

Mais le choix d’un forfaitaire ou d’une acquisition dépend aussi de la taille de la ferme, indique Gérald Villeneuve. « Pour certains, c’est une question de gestion de l’équipement et du temps, dit l’agronome. Un forfaitaire peut vider deux ou trois fosses en une ou deux journées, alors que pour l’exploitant, ça peut prendre plusieurs jours. »

En contrepartie, cette rapidité a un prix, rappelle-t-il. « Avoir une grosse citerne dans le champ augmente la compaction, souligne M. Villeneuve. Certains préfèrent travailler seulement avec leur tracteur et des tuyaux pour limiter celle-ci. »

L’option de la CUMA

Il se trouve qu’il existe une troisième option, mitoyenne : les coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA). En se regroupant en CUMA, les producteurs peuvent partager les coûts d’acquisition de l’équipement tout en coordonnant son utilisation.

Une option issue d’Europe que les producteurs québécois gagneraient à évaluer, selon Richard Caron, responsable de la région du Bas-du-Fleuve chez Kuhn. « Les regroupements de producteurs vont habituellement opter pour des modèles plus polyvalents afin de répondre aux besoins de chacun des membres », dit-il. Il précise d’ailleurs que plusieurs forfaitaires ont adopté ce modèle pour faire des affaires. 

Martin Primeau, journaliste