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Jonathan Lucier entrevoit l’avenir des micropousses DoSo avec optimisme. « Quand on approche de nouveaux clients, les réactions sont très positives. Le produit est beau et frais. » Photos : David Riendeau

Jonathan Lucier entrevoit l’avenir des micropousses DoSo avec optimisme. « Quand on approche de nouveaux clients, les réactions sont très positives. Le produit est beau et frais. » Photos : David Riendeau

DoSo : cultiver l’art de la microproduction

Au milieu des vastes fermes horticoles des Jardins-de-Napierville, DoSo fait figure originale avec son atelier de production de 900 pieds carrés à Sainte-Clotilde. Qu’à cela ne tienne, l’espace n’est pas une contrainte majeure lorsqu’on cultive des micropousses! Portrait d’une entreprise qui recherche l’excellence dans les petites choses.

« On fait quelque chose de différent et original. On ne vient pas jouer dans les plates-bandes des autres maraîchers du coin et ils voient d’un bon œil notre présence. Cela apporte de la richesse à la région », affirme Jonathan Lucier, associé des Micro-pousses DoSo, en nous ouvrant la porte de la minuscule ferme, qui produit une quinzaine de variétés de micropousses coupées et de microjardins sur terreau pour le marché des restaurateurs et du détail.

Souci du détail est la première impression qui vient en tête en observant de près l’intérieur du bâtiment, soigneusement divisé selon les étapes de la production où tout se fait encore de façon artisanale. L’entreprise a optimisé l’espace de sa chambre de germination en superposant les étagères chargées de cabarets où poussent les cotylédons de brocolis, de moutarde, de coriandre et de pois vert sous les tubes de lumières DEL. « Comme il y a un roulement constant et que nos productions ont un cycle de six jours, on peut produire chaque année 130 000 unités de microjardins », calcule-t-il.

Certaines des cultures destinées à être vendues coupées, comme le tournesol et le pois vert, sont couvertes par des plateaux afin de maximiser l’effet croustillant. On évite ainsi l’étiolement des cotylédons.

Certaines des cultures destinées à être vendues coupées, comme le tournesol et le pois vert, sont couvertes par des plateaux afin de maximiser l’effet croustillant. On évite ainsi l’étiolement des cotylédons.

L’initiative d’une passionnée

L’histoire de DoSo est intimement liée à celle de sa fondatrice, Vicky Lefebvre-Vincent. Insatisfaite de l’offre disponible sur le marché à l’époque, cette ancienne travailleuse de la restauration a commencé à cultiver des micropousses chez elle à Montréal pour sa propre consommation. De fil en aiguille, des proches lui ont demandé de leur préparer un assortiment de produits coupés chaque semaine. Elle venait de créer son propre emploi!

En 2013, l’entrepreneuse en herbe a lancé ses premiers microjardins sur terreau, qui ont connu un franc succès auprès des consommateurs. DoSo a bénéficié de plusieurs coups de main, notamment du CLD des Jardins-de-Napierville par l’intermédiaire du programme Soutien au travail autonome, puis du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) avec le programme PROXIMITÉ. Enfin, l’entreprise s’est qualifiée pour la subvention à l’établissement d’une entreprise de La Financière agricole du Québec.

Les microjardins sur terreau sont exposés à la lumière DEL pendant 24 heures avant l’expédition.

Les microjardins sur terreau sont exposés à la lumière DEL pendant 24 heures avant l’expédition.

Maîtriser sa production

Passer d’une production domestique à une culture à plus grande échelle s’est avéré un gros défi, confie Jonathan Lucier. « Il a fallu optimiser notre régie, trouver les bonnes associations entre les micropousses pour éviter une dégradation trop rapide et s’assurer d’avoir les bons intrants. On a fonctionné souvent par essais-erreurs et on a eu beaucoup de pertes. Mais une fois qu’on a pu maîtriser toutes les étapes du processus et qu’on a trouvé les bonnes recettes, on a pu étendre notre réseau de distribution. »

L’ajout d’une thermopompe pour réduire les pertes par temps de canicule et l’installation d’un réservoir afin de stabiliser la pression de l’irrigation sont quelques-unes des améliorations qui ont permis à la jeune entreprise de maîtriser davantage sa production cet été. « La prochaine étape sera probablement l’automatisation de l’irrigation. »

Les micropousses étant une culture très sensible, l’entreprise utilise un système de filtration par osmose inversée.

Les micropousses étant une culture très sensible, l’entreprise utilise un système de filtration par osmose inversée.

L’entreprise, qui fait désormais affaire avec un distributeur, possède environ 80 points de vente, principalement dans des épiceries indépendantes de la grande région de Montréal. « Ce sont des produits qui s’adressent à des consommateurs soucieux de leur alimentation. On offre du vivant avec toutes les valeurs nutritives », commente-t-il.

Même s’il convient que l’entreprise commercialise un produit de niche, Jonathan Lucier croit que les micropousses sont promises à un bel avenir. « Je crois que le futur des micropousses passe par une démocratisation du produit, un peu à l’exemple des salades coupées, qui ont connu un gros succès ces dernières années. Est-ce qu’on peut mieux outiller les marchands? Mettre plus de temps sur les réseaux sociaux? Faire de la vente en ligne? S’associer avec d’autres producteurs? Ce sont toutes des avenues qu’on étudie en ce moment. »

Une culture qui gagne du terrain

Si Aquafuchsia, bien connue pour ses germes de luzerne, a longtemps été l’une des seules entreprises qui faisaient la production de pousses et de micropousses au Québec, plusieurs nouveaux joueurs ont fait leur apparition ces dernières années, si bien que la superficie totale consacrée à cette culture est passée de 1,3 hectare en 2017 à 6,3 hectares l’année suivante, selon le MAPAQ, soit une variation de 400 %!