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Les haricots mungo, en raison de leur très haute teneur en protéines, sont utilisés dans la fabrication de certaines galettes végétales. Sur cette photo, le boulanger qui effectue les essais aux Moulins de Soulanges. (Gracieuseté des Moulins de Soulanges)

Les haricots mungo, en raison de leur très haute teneur en protéines, sont utilisés dans la fabrication de certaines galettes végétales. Sur cette photo, le boulanger qui effectue les essais aux Moulins de Soulanges. (Gracieuseté des Moulins de Soulanges)

Des galettes végétales à base de haricots payés 3 900 $ la tonne

La montée en popularité des galettes végétales de type Beyond Meat offre des occasions d’affaires prometteuses, estime le directeur des Moulins de Soulanges, Jules Beauchemin. Ce dernier achète présentement des haricots mungo décortiqués à 3 900 $ la tonne pour concevoir la farine que ses clients utilisent notamment pour préparer des galettes végétales.

« Ça fait deux ans qu’on travaille sur des farines de légumineuses et c’est vraiment un marché hypertendance qui est là pour de bon. Il y a un an, on a vendu 2 000 tonnes (t) de farine de légumineuses. Cette année, 5 000 t. Tout en restant conservateurs, on s’attend à ce que les ventes [de cette farine] augmentent de 20 % par année », mentionne M. Beauchemin.

Les haricots mungo sont spécifiquement utilisés pour produire une farine de légumineuses en raison de leur très haute teneur en protéines et de leurs fonctionnalités en termes de saveur, de couleur et de texture, qui permettent d’imiter la viande.

Testés au Québec

Les Moulins de Soulanges s’approvisionnent présentement de producteurs américains, mais M. Beauchemin assure que les premiers essais québécois de cultures de haricots mungo se sont révélés un succès. « Un producteur près des Moulins en a planté quelques hectares l’an dernier avec la même méthode de semis et de récolte que pour le soya. Les rendements ont été bons. Cette année, les superficies en culture augmenteront afin de produire environ 500 t. On est encore à faire des tests, mais le but, c’est d’ouvrir ça aux producteurs québécois », affirme M. Beauchemin, qui spécifie toutefois que les semences sont difficiles à trouver.

Les Moulins de Soulanges ont par ailleurs investi des sommes importantes dans de l’équipement permettant de pasteuriser la farine de légumineuses, une exigence du marché américain.

La filière des grains s’intéresse aux protéines végétales

La table filière du secteur des grains qui compte plusieurs acteurs tels que les producteurs, transformateurs et le ministère de l’Agriculture a mis en place un groupe de concertation spécifiquement attitré aux protéines végétales. Robert Beauchemin, copropriétaire de la meunerie La Milanaise et fondateur des Moulins de Soulanges, en est membre. Il se dit surpris des opportunités qu’offrent les protéines végétales. « Il y a un bon potentiel pour le marché nord-américain. Je pense qu’il faut être à l’affût, les protéines végétales [comme les haricots mungo], c’est une opportunité de plus pour les producteurs de grandes cultures de se diversifier. Mais il faut être prudent avec les nouveaux marchés », conclut-il.