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Des fraises en abondance

C’est une déferlante de fraises qui s’abat ces jours-ci sur le Québec. Les champs ont tellement produit de petits fruits rouges que le marché s’en trouve inondé, et peine à écouler ses stocks.

Michel Sauriol en sait quelque chose. Le producteur de fraises agit également comme grossiste à la Place des producteurs à Montréal. « Les grandes chaînes nous appuient avec des promotions agressives et offrent deux paniers d’un litre pour 5 $, affirme-t-il, mais on a tout de même un surplus au Marché central. »

Michel Sauriol. Photo : Caroline Dostie

Chaque nuit, vers 23 h, il entame là-bas un marathon de ventes pour écouler tant bien que mal les stocks que des producteurs lui ont confiés. « C’est une job épouvantable, admet-il. Des pommes ou des pommes de terre, tu peux les vendre le lendemain si tu ne les vends pas tout de suite, mais les fraises, elles, il faut que ça se fasse la nuit même où elles arrivent ici. » La surenchère a évidemment un impact sur le prix qu’il obtient pour ses fraises, mais il ne peut le chiffrer, tant celui-ci varie de jour en jour. « Ce que je dis aux producteurs, c’est de baisser leurs prix au kiosque parce que c’est déjà bas dans les épiceries et les marchés publics », ajoute-t-il.

Saison record

Interrogé par La Terre, le président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, David Lemire, arrive au même constat. « On s’attend à avoir deux semaines de surplus d’offres sur la demande », admet-il. D’après lui, le volume de fraises d’été produit cette année sera l’un des meilleurs que le Québec ait connu. « Je pense qu’on peut parler d’une année record », ose-t-il même avancer. L’hiver enneigé combiné à des mois de mai et de juin respectivement froids et ensoleillés a fourni des conditions idéales, selon lui, pour la production de fraises. « Tout le monde a des rendements supérieurs d’au moins 10 à 15 % cette année », ajoute-t-il.

C’est le cas par exemple de Marc-André Isabelle, producteur de Coteau-du-Lac, en Montérégie. « On a tellement de fraises qu’on a dû en laisser dans les champs », affirme-t-il. De son côté, Jean-Julien Plante, un producteur de fraises conventionnelles et bio de l’île d’Orléans, constate aussi l’abondance de petits fruits chez lui et sur les marchés. « La chambre froide est pleine, dit-il. En bio, ça va, mais dans la conventionnelle, ça a l’air saturé. »

Selon Michel Sauriol, les producteurs québécois sont maintenant mûrs pour s’attaquer au marché américain. « Les surfaces en culture augmentent d’année en année, mais la population du Québec, elle, demeure autour de huit millions, dit-il. Il faudra éventuellement regarder du côté américain pour exporter. »