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Des producteurs de l’Estrie dénombrent une plus grande quantité de corneilles dans leurs champs cette année. Photo : Shutterstock

Des producteurs de l’Estrie dénombrent une plus grande quantité de corneilles dans leurs champs cette année. Photo : Shutterstock

Des champs de maïs malmenés par les corneilles

Les corneilles, les outardes et les cerfs font la vie dure au maïs cette année dans les champs de producteurs en Estrie.

Les plants de maïs du producteur André Bergeron ont été arrachés et le grain a été dégusté par une corneille. Photo : Gracieuseté d’André Bergeron

« Mon champ est devenu un buffet ouvert. J’ai 40 acres [16 hectares] qui ont été mangés à 80 % par les corneilles! » s’exclame André Bergeron, producteur de maïs et de soya à Saint-François-Xavier-de-Brompton. Il estime les pertes à quelque 50 000$. « J’ai replanté en sachant que mon rendement serait moins bon, mais les corneilles sont revenues tout manger.

Elles arrachent complètement le plant pour sortir le grain de la terre et elles le mangent. Je ne replanterai quand même pas une troisième fois, car elles vont recommencer le même stratagème », lance-t-il. Selon Marie-Antoine Roy, producteur ovin et de grandes cultures à Newport, c’est une année record pour les corneilles en raison du grain de maïs qui a germé rapidement, mais qui est plus sucré en raison du manque d’eau. « Ça rend les corneilles complètement dingues », rapporte celui qui dit ne jamais avoir vu autant d’oiseaux depuis au moins 15 ans et qui déplore également de nombreuses pertes.

Le président du syndicat des Producteurs de grains de l’Estrie, Stéphane Vaillancourt, confirme que dans l’ensemble, la situation semble pire cette année. « Mais ce ne sont pas juste les corneilles, souligne-t-il. Des producteurs rapportent des dommages causés par les outardes, alors que d’autres sont envahis par les cerfs de Virginie. J’ai moi-même subi des dommages causés par des corneilles, mais pas assez pour les réclamer à mes assurances », indique-t-il.

Pour sa part, André Bergeron a dû contacter La Financière agricole du Québec pour son champ dévoré. « L’assureur qui est venu m’a dit qu’il n’avait jamais vu ça », rapporte le producteur qui ne pourra toutefois pas être dédommagé en raison de sa couverture d’assurances « de base ». Une couverture qu’il prévoit rehausser dès ­l’année prochaine. « Car ce n’est pas juste les corneilles qui sont plus nombreuses, justifie-t-il. J’ai aussi vu 16 outardes sédentaires dans mon champ, en plus des chevreuils. Tout le monde se sert, c’est un buffet à volonté! ».

Chasseurs à la rescousse

Pour lutter contre la déprédation causée par les animaux sauvages en zone agricole, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) organise régulièrement des activités de chasse coordonnée en collaboration avec les syndicats régionaux de l’Union des producteurs agricoles. Ce programme permet à un certain nombre de chasseurs d’obtenir un permis de chasse spécial qui leur donne accès à des terres agricoles. Il est mis en place périodiquement dans les zones où la population de cerfs de Virginie doit être contrôlée, comme c’est le cas en Estrie cette année.

Pas plus d’avis de dommages

La Financière agricole du Québec n’a pas enregistré de hausse d’avis de dommages liés à des animaux sauvages par rapport aux années précédentes. « Nous n’avons pas reçu d’information des centres de services à l’effet qu’il y avait un problème particulier cette année relativement aux chevreuils et aux corneilles », précise Valérie Beaulieu, conseillère en communications à la Financière. Celle-ci rapporte à ce jour 10 avis de dommages reçus, ­comparativement à 63 avis pour l’année 2020 dans son ensemble.