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Les champs boueux et gorgés d’eau compliquent les récoltes de laitues à la ferme Production horticole Van Winden, à Sherrington. Photo : Gracieuseté de Denys Van Winden

Les champs boueux et gorgés d’eau compliquent les récoltes de laitues à la ferme Production horticole Van Winden, à Sherrington. Photo : Gracieuseté de Denys Van Winden

Des champs de légumes gorgés d’eau compliquent les récoltes

D’importantes quantités de pluie tout le mois de septembre ont donné du fil à retordre à des producteurs maraîchers au moment des récoltes, notamment en Montérégie. Si certains ont pris du retard, d’autres observent des pertes de rendement.

« On a eu de grosses pluies le 17 septembre, dans notre coin. Ça a noyé les carottes et les laitues. Il y a des pertes totales dans certains champs », témoigne le producteur Denys Van Winden, de Sherrington, qui relève aussi beaucoup de maladies bactériennes, en cette saison très humide.

Si ses récoltes des laitues tirent à leur fin, celles des carottes devraient s’étirer jusqu’à la mi-novembre, ce qui lui donnera, espère-t-il, une chance de rattraper le coup dans cette production, avec le retour du beau temps. « Mes parcelles de mi-saison, c’est dramatique, mais celles de fin de saison, ça devrait aller », se console-t-il.

Au groupe Vegco, un distributeur de légumes frais qui regroupe 12 producteurs de la Montérégie, le président Marc-André Van Winden analyse que « l’enjeu cette année est surtout dans les légumes feuilles », puisque ceux-ci sont plus sensibles aux grandes quantités d’eau. « Les rendements sont variables, dépendamment de la pluviométrie. Chez nous, personnellement [à Napierville], on a été au cœur de la pluie. On va avoir des pertes de laitues, peut-être de l’ordre de 30 à 50 %. On traîne des excès d’eau depuis un bout, mais dans le coin de Saint-Rémi, c’est mieux », relève-t-il.

Il n’y a pas de quoi paniquer dans les autres productions, notamment de légumes racines, nuance-t-il. Quelques jours de beau temps devraient permettre de rattraper le retard pour les récoltes. À Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière, le producteur de carottes et de betterave Martin Gariépy s’estime quant à lui « bien chanceux ». Ses récoltes sont belles, puisqu’il a eu les bonnes quantités de pluie et du beau temps au bon moment. Même son de coche du côté de Louis-Marie Jutras, à Sainte-Brigitte-des-Saults, dans le Centre-du-Québec, qui a eu « une saison équilibrée en pluie et en chaleur » pour ses poireaux et ses courges, qu’il en est à récolter. Les deux producteurs relèvent toutefois des prix obtenus pour leurs légumes qui ne sont pas proportionnels à la hausse des coûts de production.  

Retards de croissance

Du côté des haricots et du maïs sucré destinés à la transformation, le responsable des cultures pour le Québec chez Bonduelle Canada, Robert Deschamps, observe des rendements et une qualité dans la moyenne, mais du retard dans la croissance des plantes. « On voit que la maturité est parfois retardée. Tous les mois, cet été, on a eu plus de pluie que la normale. Ça a mis un stress [tôt dans le développement des plants] », explique celui qui estime néanmoins que dans l’ensemble, « les champs sont beaux » et que la saison ne sera que décalée. Les récoltes de pois, par ailleurs, terminées depuis le début août, ont été dans la moyenne.


Catherine Lauzon prévoit que sa saison d’autocueillette de citrouilles se terminera tôt, aux environs de l’Action de grâce. Photo : Gracieuseté de Catherine Lauzon

Catherine Lauzon prévoit que sa saison d’autocueillette de citrouilles se terminera tôt, aux environs de l’Action de grâce. Photo : Gracieuseté de Catherine Lauzon

Les citrouilles se font rares

L’humidité et les grandes quantités de pluie, ainsi que la présence de maladies et du virus de la mosaïque du concombre, ont entraîné d’importantes pertes de rendement dans des champs des citrouilles. « On a perdu un peu plus de 50 % de nos citrouilles. Ce n’est pas la plus belle récolte; on a eu beaucoup de mauvaises herbes aussi », témoigne notamment Catherine Lauzon, copropriétaire du Centre d’interprétation de la courge, à Saint-Joseph-du-Lac, dans les Laurentides. Comme l’autocueillette allait bon train en date du27 septembre, elle prévoyait que ses champs se vident plus rapidement qu’à l’habitude, d’ici l’Action de grâce. Même constat du côté de la Ferme Cormier, à L’Assomption dans Lanaudière. « L’autocueillette, c’est bien, mais les rendements, moins », indique la copropriétaire Josiane Cormier.

Philippe Vernier, important producteur de citrouilles de Saint-Zotique, en Montérégie, est quant à lui plus chanceux. Épargné par les virus, ce dernier affirme obtenir de bons rendements. La demande pour ses produits est grande, dit-il, autant de la part de distributeurs que d’autres producteurs qui lui en achètent pour combler le manque. « Tout le monde cherche de la citrouille… et là, on se vide assez vite, mettons », exprime-t-il.


Bonne saison dans les vergers

Dans les verges, plusieurs pomiculteurs, notamment Nathalie Labonté, d’Oka dans les Laurentides, rapportent de bons rendements, de bons calibres et une bonne qualité de fruits. « On est dans le peak des grosses fins de semaine. Il y a un bel achalandage », indique-t-elle. Les visiteurs sont aussi au rendez-vous au verger de Jacques Paradis, à l’île d’Orléans, malgré des travaux qui créent des ralentissements sur le pont reliant l’île à la rive nord du fleuve Saint-Laurent. « On réussit à s’en tirer. Les gens sont patients et viennent nous voir quand même », se réjouit l’agriculteur.