fbpx

Début des récoltes de céréales : «C’est très bon!»

La récolte de blé de consommation humaine demeure toujours inquiétante pour les producteurs : est-ce que les lots seront déclassés par la présence de toxines, par un faible indice de chute ou par un taux de protéine insuffisant?

Agréable surprise cette année, les premières récoltes de blé sont excellentes. « Les rendements sont très bons avec près de cinq tonnes de grains secs à l’hectare. Et aucun grain fusarié! » mentionne Julie Durand, productrice de cultures commerciales à Sainte-Sophie-d’Halifax, près de Victoriaville. À Lanaudière, Sylvain Raynault est également satisfait de la récolte du blé qu’il a semé l’automne dernier. « Je viens de battre mes 300 hectares de blé d’automne et aucun lot n’a été déclassé par les toxines. C’est une grosse différence comparativement à l’an dernier où nous avions eu de la fusariose “au coton” », dépeint-il. Les rendements de M. Raynault ont atteint cinq tonnes à l’hectare et, avec un prix d’environ 270 $ la tonne, le blé offre un rendement intéressant. « Si les prix du maïs ne remontent pas, le blé aura été un choix gagnant cette année », précise M. Raynault, copropriétaire de la Ferme Bonneterre, située près de Joliette.

La Montérégie fait chou blanc

Les régions de l’Estrie, de la Mauricie, de Chaudière-Appalaches et de Lanaudière enregistrent de très bons rendements, avec, comme record, aucun lot de déclassé (en date du 5 août). Cependant, la Montérégie, souvent l’enfant pauvre des céréales, a connu des problèmes majeurs dans le blé d’automne. « Alors que la couche de neige venait de fondre et que le blé en terre se trouvait à un stade vulnérable, il est arrivé un gel mortel ce printemps, en Montérégie, et malheureusement, 95 % des champs ont été détruits », évalue Rudy Laixhay, responsable du développement des affaires aux Moulins de Soulanges.

Un succès qui incite à doubler les superficies

Les Moulins de Soulanges achètent 7 000 tonnes de blé d’automne des producteurs québécois et prévoient doubler ce volume l’an prochain. « Le blé d’automne, c’est assez jeune comme pratique au Québec, mais la rentabilité est vraiment supérieure pour le producteur [moins de toxines, meilleure gestion des mauvaises herbes et rendements supérieurs]. La teneur en protéine de ce blé est par contre plus faible, mais nous réussissons à le valoriser sur les marchés. Globalement, c’est ce qui nous permettra l’an prochain d’en acheter le double, soit 14 000 tonnes », explique M. Laixhay, qui anticipe également une bonne récolte de blé de printemps, laquelle débutera, à certains endroits, vers le 13 août.