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Ian Bourassa, propriétaire d’Agropod, teste par exemple différents terreaux ainsi que la bonne quantité de fertilisants ou d’eau dans ses salles consacrées à la recherche sur la culture de cannabis. Photos : Martine Veillette/TCN

Ian Bourassa, propriétaire d’Agropod, teste par exemple différents terreaux ainsi que la bonne quantité de fertilisants ou d’eau dans ses salles consacrées à la recherche sur la culture de cannabis. Photos : Martine Veillette/TCN

De la recherche pour explorer la production de cannabis

VARENNES – Avec ses salles consacrées à la recherche sur le cannabis, Ian Bourassa tente de trouver les meilleurs paramètres de culture pour être le plus efficace possible, et obtenir qualité et quantité. Le propriétaire de l’entreprise Agropod souhaite aussi déboulonner des mythes entourant cette culture grâce aux tests effectués avec un système informatisé personnalisé. 

L’une des salles de recherche utilise la culture en aéroponie, qui nécessite moins de main-d’œuvre.

L’une des salles de recherche utilise la culture en aéroponie, qui nécessite moins de main-d’œuvre.

Par exemple, à son site de production de Verchères, il teste l’éclairage HPS à la fois dans une salle avec un plafond bas et dans une autre avec un plafond plus haut. « Il y a des rumeurs qui disent que ça prend des plafonds hauts. Moi, je n’y crois pas. Je pense que c’est plus comment tu gères ton aération », affirme-t-il, assis devant l’écran d’où l’on peut voir l’intérieur de chacune des salles à distance.

Lorsque La Terre l’a rencontré au centre de recherche de Varennes, Ian Bourassa a revêtu l’équipement de protection pour ne pas contaminer les plants. La première salle est composée de plusieurs grands cylindres tournant sur eux-mêmes, où les plants poussent grâce à l’aéroponie, caractérisée par une administration par bruine des nutriments et de l’eau. « L’avantage est [que cette technique] nécessite moins de travail et moins de main-d’œuvre. C’est aussi plus productif en pied carré et le nettoyage est plus facile », précise le producteur.

Juste à côté, une autre salle accueille les plants aussi de manière verticale, mais l’espace est divisé en étages. Sur chacune, un test différent est mis en application afin d’évaluer les paramètres de façon isolée, par exemple la dose de fertilisant ou d’arrosage. Il est donc possible de savoir de manière plus précise ce qui fonctionne mieux. « Je suis content de faire les tests avant de construire les gros sites », souligne Ian Bourassa. À Varennes, la seconde phase du site, consacrée davantage à la production qu’à la recherche, est d’ailleurs en cours de construction.

La recherche menée par Agropod permet aussi de faire arrimer les connaissances dites « de la rue », soit du marché illicite, et les connaissances agronomiques. « Les agronomes ont beaucoup de connaissances sur les plantes, mais peu sur celles du cannabis. Parfois, ça peut nuire parce qu’ils la comparent à d’autres plantes qui n’ont pas les mêmes caractéristiques. La street obtient de meilleurs résultats, mais ils ne savent pas pourquoi. Mon but est de combiner les deux », indique Ian Bourassa.

Le producteur peut surveiller en direct les différentes salles de recherche.

Le producteur peut surveiller en direct les différentes salles de recherche.

Tout est informatisé

Le producteur a fait développer un système informatisé spécialement pour son entreprise. Cela lui permet de savoir en temps réel ce qui se passe dans chacune des salles de production. Le tout est colligé pour permettre de faire le suivi de chacun des tests. « On peut analyser chaque date et comprendre un cycle réel. On peut aussi comparer d’une récolte à l’autre et voir en changeant un paramètre ce qu’on a comme résultat », raconte-t-il.

Le système permet par exemple de comparer la date prévue de floraison avec le moment où elle a eu lieu.

Les recherches d’Agropod pourront aussi servir à d’autres producteurs de cannabis. « On a développé un modèle où l’on peut construire une usine hyper performante avec un investissement de 1,5 M$ », mentionne le propriétaire. Ce dernier détient les différentes licences de Santé Canada, qui sont nécessaires pour pouvoir mener des recherches ainsi que faire la production et la commercialisation de produits de cannabis.