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Denys Van Winden a participé l’an dernier à un séjour d’observation chez des producteurs d’ail en France. Crédit photo : Pierre Saint-Yves

Denys Van Winden a participé l’an dernier à un séjour d’observation chez des producteurs d’ail en France. Crédit photo : Pierre Saint-Yves

La culture de l’ail en croissance au Québec

TROIS-RIVIÈRES — L’intérêt d’un nombre grandissant d’agriculteurs pour la culture de l’ail ne se dément pas. Près de 300 personnes ont participé à la 3e Journée provinciale de l’ail organisée le 30 janvier par l’Association de producteurs Ail Québec.

Le marché est en plein essor, mais la croissance de la production se butte à un défi de taille, celui de l’approvisionnement en semences de qualité. « Actuellement, on s’approvisionne du côté de l’Ontario ou à l’extérieur du Canada, dans des pays qui ne sont pas en mesure de garantir la qualité des semences », explique Denys Van Winden, producteur d’ail depuis six ans à Sherrington.

L’agriculteur a participé l’an dernier à un voyage d’observation chez des producteurs français. « [La France] est le seul pays producteur de semences qui dispose d’un cahier des charges très rigoureux pour en garantir la qualité. Il faut donc travailler étroitement avec les agriculteurs de ce pays pour développer nos façons de faire. »

Serge Pageau, un organisateur grandement satisfait. Crédit photo : Pierre Saint-Yves

Serge Pageau, un organisateur grandement satisfait. Crédit photo : Pierre Saint-Yves

Le but est de produire des semences afin d’éviter que les producteurs s’adonnent à la régénération de semences à partir de bulbilles, ce que font 35 % des répondants à un sondage mené l’automne dernier par le CRAAQ.

Au cours de la journée, plusieurs experts ont d’ailleurs déconseillé cette méthode qui favorise la prolifération des nématodes de l’ail dans les champs.

Un sondage éloquent

La chargée de projets du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) Lyne Desnoyers a présenté les résultats du sondage mené auprès de 267 entreprises productrices cultivant l’ail sur environ 192 ha.

Les sondeurs ont obtenu des réponses de 114 producteurs spécialisés (55 %) et maraîchers diversifiés (45 %). Les résultats démontrent que la production de 92 % des répondants, donc 105, est en hausse. Alors qu’ils cultivaient l’ail sur une superficie totalisant près de 75 ha en 2017, ils envisagent de l’augmenter à 140 ha en 2019.

Quatre-vingts pour cent de l’ail consommé au Québec vient de l’extérieur de la Belle Province. Crédit photo : Archives/TCN

Quatre-vingts pour cent de l’ail consommé au Québec vient de l’extérieur de la Belle Province. Crédit photo : Archives/TCN

Un marché à saisir

« Le marché est en plein essor, indique le président de l’Association, Serge Pageau. Quatre-vingts pour cent de l’ail consommé au Québec vient de l’extérieur, c’est dire la place qu’il y a, mais il faut être en mesure d’approvisionner le marché en produits de qualité. »

Au programme de cette 3e Journée provinciale de l’ail, des sujets nombreux et variés : techniques de culture, méthodes de séchage, lutte contre les parasites, facteurs qui influencent les achats des épiciers et l’épineuse question de la disponibilité de semences. « Les producteurs ont de nombreuses préoccupations et nous avons même envisagé de tenir la rencontre sur deux jours tellement il y avait de sujets », indique M. Pageau. Pour les organisateurs son succès d’assistance démontre que le milieu est prêt à passer à l’offensive.