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Culture d’automne: le canola

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En introduisant le canola d’automne dans leur rotation, les Grogg souhaitaient d’abord diversifier leurs cultures. «C’est un atout pour la conservation des sols, car le canola d’automne le recouvre tout l’hiver», affirme Jean Grogg.

Ainsi, lorsque les deux frères sont approchés il y a trois ans pour faire l’essai du canola d’automne, ils trouvent tout de suite l’idée séduisante. « Nous essayons souvent de nouvelles choses dans le but de diversifier la rotation, les cultures et les périodes de pointe des travaux au champ. Nous cultivons du blé d’automne depuis huit ans et des haricots extrafins pour Bonduelle depuis deux ans », donne en exemple Heinz Grogg.

Apprivoiser une nouvelle Culture

Lors du premier essai de canola d’automne, il y a trois ans, la survie à l’hiver est plutôt catastrophique. « Nous avons ensemencé quatre différents hybrides sur une superficie de quatre hectares et un seul a survécu à l’hiver. La préparation de sol n’était pas adéquate et le semis avait été fait trop tardivement », relate entre autres Heinz Grogg. La deuxième année, malgré une meilleure préparation de sol, la levée du canola est inégale. « La grande variabilité de types de sol dans la parcelle, notamment de la terre forte, a grandement désavantagé le canola. Au printemps, les mauvaises herbes ont rapidement envahi le champ et la floraison du canola a coïncidé avec une période de chaleur intense », indique Heinz Grogg. Malgré ces embûches, ce deuxième essai donne aux frères Grogg un bel aperçu du potentiel de rendement de cette culture.

En 2010, les producteurs récoltent du blé d’automne sur une parcelle de 15 hectares. Ils ensemencent un engrais vert et ils épandent du lisier. À ce moment, SynAgri les invite à faire un troisième essai de canola d’automne. « Nous avons détruit notre engrais vert et ensemencé le canola à la mi-août », mentionne Jean Grogg. Forts de leur expérience, les producteurs soulignent l’importance de préparer un lit de semence très fin de 2,5 cm de profondeur. De plus, la petite taille de la semence exige un semoir de grande précision. Après avoir bien passé l’hiver, le printemps malmène le canola : deux épaisses couches de neige successives suivies de pluie et d’une forte gelée tuent tous les plants situés dans les baisseurs. Près de 40 % de la superficie est détruite et réensemencée en avoine. « Dans le 60 % restant, nous avons obtenu un excellent rendement, 3,8 tonnes à l’hectare payées 592 $ la tonne livrée à l’usine de Bécancour », précise Heinz Grogg.

Facteurs de réussite selon les Grogg

La préparation de sol en vue de l’implantation du canola d’automne doit être exécutée minutieusement : pour une levée uniforme, un bon lit de semence et un semoir de précision sont nécessaires. Le semis doit se faire assez tôt : du 15 au 25 août dans la région de la Mauricie. Selon Cécile Tétrault, conseillère technique en céréales et soya chez SynAgri, le canola doit avoir au minimum de sept à huit feuilles à l’automne pour assurer sa survie à l’hiver. Le canola d’automne n’est pas adapté aux régions situées au nord de Québec. « Il faut implanter cette culture dans des terres drainées et qui s’égouttent facilement, car l’eau est l’ennemi numéro un du canola », affirme Jean Grogg.

« Le canola doit être semé dans les meilleures terres si on veut en tirer le maximum », ajoute Heinz Grogg. Les producteurs sont bien conscients que le canola, s’il ne remplacera jamais le maïs ou le soya, représente néanmoins une excellente solution alternative. « Pratiquement aussi exigeante en fertilisation que le maïs, la culture du canola est plus risquée que celle du soya », mentionnent-ils. D’autres défis, notamment le moment de son introduction dans la rotation, sont un frein à son implantation. Le canola doit être ensemencé suffisamment tôt en août, suivant la récolte d’un blé d’automne, par exemple. « L’idéal est de l’implanter directement après une céréale d’automne. Cependant, les conditions climatiques du printemps nous ont forcés à réensemencer de l’avoine dans une bonne partie de notre blé d’automne. La récolte de la céréale a été trop tardive pour pouvoir réimplanter du canola en août dernier », conclut Heinz Grogg.

crédit photo: Heinz Grogg