Crédit photo: Martin Ménard / TCN

Crédit photo: Martin Ménard / TCN

La course aux semis est lancée!

Après un printemps interminable, la course aux semis est officiellement lancée.

Une tournée dans la région de Saint-Hyacinthe en pleine période des semis offre en spectacle des machines plus imposantes les unes que les autres. C’est à se demander d’où peuvent bien sortir tous ces tracteurs monstres!

Chez JLD-Laguë, Bruno Bouchard confirme cette tendance. « Au début de 2010, les modèles de plus de 250 ch représentaient à peine 25 % de nos ventes. Aujourd’hui, c’est 50 % de nos ventes totales de tracteurs », mentionne le directeur de 13 succursales John Deere. Il précise que des modèles de plus de 500 ch peuvent maintenant tracter des herses de nouvelle génération de 15 m de largeur, à plus de 17 km/h. Les agriculteurs qui ont connu l’époque des chevaux doivent avoir l’impression que les champs se transforment en pistes de course!

Des revenus

L’équipement plus rapide, plus précis, couplé à des cultivars plus performants semés dans des champs mieux égouttés a permis aux producteurs d’enregistrer des hausses constantes de rendements en maïs-grain. De meilleures pratiques qui favorisent la santé des sols, dont l’utilisation d’engrais verts, y contribuent aussi. Les rendements sont passés de 8,9 t/ha en 2012 à 10 t/ha en 2017. Et les profits sont au rendez-vous, surtout dans les entreprises de grande taille.

En Montérégie, les données du Groupe ProConseil indiquent que les producteurs du groupe de tête ont enregistré d’excellentes marges nettes de 392 $/ha en 2016 et de 346 $/ha en 2015. Le ministère québécois de l’Agriculture note toutefois des écarts importants selon la taille et la localisation géographique des entreprises. En 2012, près de 51 % des producteurs de grains des régions périphériques n’ont pas dégagé de profits.

Diversification

Les cultures de maïs-grain et de soya demeurent prédominantes et offrent aux producteurs un prix moyen légèrement plus élevé qu’en Ontario. Plusieurs filières à valeur ajoutée ont également pris de l’ampleur, comme l’orge brassicole, le soya à identité préservée et les grains biologiques.

« Le bio en grandes cultures, quand c’est fait comme il faut, c’est clair et net que c’est vraiment plus rentable que le conventionnel. Dans le maïs, on obtient 20 % moins de rendement qu’en conventionnel sauf qu’on est payés plus du double. À 1 000 $ la tonne dans le soya, le gain est encore plus grand », assure l’agriculteur Gilles Audette, de la ferme Agri-Fusion 2000, en Montérégie.

Des défis à relever

Les rendements dans les cultures de blé et de soya stagnent au Québec et sont inférieurs à ceux de l’Ontario. La qualité des grains peut aussi être améliorée pour mieux répondre aux besoins des marchés. L’amélioration du bilan environnemental et le recrutement de jeunes producteurs de la relève, qui se butent à des terres hors de prix, demeurent autant de défis. Le directeur des Producteurs de grains du Québec, Benoit Legault, fait valoir qu’une structure de concertation qui regroupe l’ensemble des acteurs de l’industrie travaille justement à poursuivre l’évolution de toute la filière des grains.

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