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Les frères Yvon et Jacques Poirier amorcent leur 28e saison de fraises et leur 66e année de complicité sur la terre familiale. Photo : Patricia Blackburn/TCN

Les frères Yvon et Jacques Poirier amorcent leur 28e saison de fraises et leur 66e année de complicité sur la terre familiale. Photo : Patricia Blackburn/TCN

Complicité fraternelle dans les champs de fraises

SAINTE-MARTINE – Les frères Yvon et Jacques Poirier partagent leur quotidien sur la terre de leur grand-père depuis belle lurette. L’aîné a commencé à y travailler en 1956, alors qu’il était âgé de 13 ans.

Jacques Poirier a commencé à travailler avec son grand-père à l’âge de 13 ans, et n’a jamais cessé depuis. Photo : Patricia Blackburn/TCN

Jacques Poirier a commencé à travailler avec son grand-père à l’âge de 13 ans, et n’a jamais cessé depuis. Photo : Patricia Blackburn/TCN

« Mon père n’était pas intéressé par l’agriculture. Il était ébéniste. C’est donc mon grand-père qui m’a tout appris avant de mourir en 1959, confie Jacques, qui a par la suite dirigé seul la ferme laitière. Son frère Yvon l’a rejoint par la suite, et vers 1993, alors que la rentabilité du grain n’était plus au rendez-vous, ils ont décidé d’abandonner les vaches et de convertir leur terre à la production de fraises. 

« Notre mère a grandi dans une ferme maraîchère à Saint-Rémi, alors c’est elle qui nous avait enseigné les rudiments de la production de fraises », raconte Yvon, pour qui cette culture est vite devenue une vraie passion. « On ne voulait pas grossir. Notre vision était plutôt de se diversifier. On a ajouté d’autres fruits et légumes, comme du maïs sucré, des courges, des variétés de melons pour diversifier nos produits », détaille le producteur. Tout est vendu en autocueillette et au kiosque de la ferme maraîchère Poirier et Frères, située à Sainte-Martine, en Montérégie.

« On doit aujourd’hui être les seuls du coin à faire du maraîcher, constate-t-il en précisant que les champs de ses voisins sont dédiés à la grande culture. Dans la fraise, on doit aussi être les seuls aussi petits qui restent au Québec. »

Bon an mal an, les deux frères poursuivent leur travail avec une complicité attachante, même s’ils savent que leur petite production, qu’ils ont d’ailleurs rapetissée à travers les années, ne sera pas éternelle. « On attend encore [avant de vendre ou de transférer l’entreprise]. Ces terres ont beaucoup de potentiel, et on espère trouver les personnes qui pourront y faire quelque chose d’intéressant », confie Yvon, dont les deux enfants ne souhaitent pas pour l’instant prendre la relève. 

Entre-temps, la saison des fraises a démarré et les deux hommes sont prêts à y mettre toute la gomme. « On continue à travailler fort pendant la saison, mais je ne pourrais plus faire ça toute l’année comme avant », avoue Jacques, qui lance néanmoins le défi « à n’importe quel jeune » de venir travailler à ses côtés afin de lui montrer qu’il est encore capable d’en faire autant, sinon plus. « Si j’arrête, je serai ankylosé dans six mois. Et puis, j’ai assez parlé, là, j’ai du travail », lance l’octogénaire avant de repartir arracher les mauvaises herbes dans son champ.


Ce texte est tiré d’un dossier sur la production de fraises publié dans La Terre de chez nous du 22 juin 2022.