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Ces insectes qui rendent service

Combattre les infestations de parasites et d’insectes, les agriculteurs brésiliens connaissent.

Combattre les infestations de parasites et d’insectes, les agriculteurs brésiliens connaissent. Le climat tropical est propice à longueur d’année à leur apparition. Bien souvent, les agriculteurs ont pour seul recours l’épandage massif de produits agrochimiques pour les enrayer. Le Brésil est d’ailleurs le plus grand utilisateur mondial de pesticides.

Mais des solutions de rechange naissent. Bug Agentes Biologicos a mis au point une méthode innovatrice de lutte biologique qui tue dans l’œuf l’insecte ravageur avant son éclosion. Son innovation lui a d’ailleurs valu une reconnaissance internationale. Un insecte qui va de plante en plante à la recherche d’œufs d’un autre, dont il se nourrit, est l’arme de Bug pour disputer une tranche du lucratif marché des pesticides.

Genre d’usine à insectes, l’entreprise produit en grand nombre des guêpes millimétriques ennemies naturelles d’insectes qui attaquent les grandes plantations, tels le soja ou la canne à sucre. Ces guêpes parasitent les œufs de papillons et empêchent qu’ils donnent naissance à un des pires fléaux dans les champs : les chenilles.

Plus précisément, Bug produit et emballe des œufs dans de petites cartouches de carton divisées en 24 cellules pouvant protéger un hectare. L’agriculteur positionne à intervalles de 20 mètres les cellules contenant de 50 000 à 100 000 œufs. « À leur naissance, les insectes volent directement vers les œufs et s’alimentent de ceux-ci, interrompant leur cycle de vie. C’est une méthode rapide, avec un taux de succès de 90 %, et jusqu’à 40 % moins cher », explique son directeur commercial, Diogo Carvalho.

L’idée d’utiliser des insectes pour remplacer les pesticides existait en Europe bien avant sa création dans un laboratoire de l’École des sciences agricoles de l’université de São Paulo en 2002. Bug se démarque toutefois. « Nous avons transformé un produit de laboratoire ou qu’on retrouvait sur de petites surfaces, en serres par exemple, en un produit fabriqué à grande échelle, capable de concurrencer les pesticides. » Cette innovation a eu un grand retentissement outre-frontières. Bug a été élue la 33e compagnie la plus innovante du monde – et, du coup, la première du pays – par la revue américaine Fast Company.

Croissance

M. Carvalho confie que l’entreprise peine à suffire à la demande. « La lutte biologique est en croissance. Les consommateurs exigent plus d’aliments exempts de résidus chimiques. » Bug érige en ce moment une nouvelle fabrique à insectes qui, selon lui, multipliera par 10 sa capacité de production. Actuellement, ses cinq unités fournissent 500 000 hectares.

Bug a le regard tourné vers la foresterie, particulièrement l’eucalyptus, puis les fruits et légumes. Pour gruger des parts de marché, indique-t-il, « nous devons développer de nouvelles technologies et augmenter notre production ». L’entreprise cherche, en outre, une façon de libérer les guêpes par avion sur les grandes plantations comme c’est le cas avec les pesticides. « Nous ne fournissons même pas 1 % du territoire agricole. Nous avons donc encore beaucoup d’espace à conquérir. »