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La luzerne a permis une 3e coupe dans plusieurs régions du Québec. Crédit photo : Archives/TCN

La luzerne a permis une 3e coupe dans plusieurs régions du Québec. Crédit photo : Archives/TCN

Une 3e coupe « respectable »

Après la sécheresse de l’été 2018, certains producteurs reprennent leur souffle. « On peut dire que la 3e coupe a été bonne », indique le président de la Fédération de l’UPA du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mario Théberge. Une coupe « respectable », renchérit son collègue de l’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault. Au Bas-Saint-Laurent, les résultats sont plus décevants. 

Saguenay–Lac-Saint-Jean et Abitibi-Témiscamingue

Difficile de savoir combien de producteurs ont été « sauvés » par la 3e coupe. M. Théberge parle d’un peu moins de la moitié dans la région. Le secret : la luzerne, car le mil et le trèfle n’ont pas permis de 3e coupe. « Personnellement, dans la luzerne, j’ai eu plus de rendement avec la 3e coupe qu’avec les deux premières additionnées ensemble », indique M. Théberge, qui n’en cultive que depuis trois ans. Même son de cloche en Abitibi-Témiscamingue où un tiers des producteurs fauchent actuellement pour une 3e fois. La sécheresse a frappé 250 agriculteurs cet été dans la région, rappelle le président de la Fédération, Pascal Rheault, dont 111 étaient assurés. La pluie et la chaleur reçues ont permis à la luzerne de se reprendre, mais le gel des deux dernières semaines a arrêté sa croissance.

Selon l’état des cultures rapporté par La Financière agricole du Québec (FADQ) le 28 septembre, la 3e coupe donne un rendement moyen en Abitibi-Témiscamingue, en Estrie, dans Lanaudière et dans le secteur Sainte-Marie, en Beauce; mais passe d’inférieur à fortement inférieur à la normale dans les autres régions

Bas-Saint-Laurent

Pour les trois quarts des producteurs du Bas-Saint-Laurent, la 3e coupe n’est pas au rendez-vous. Pourtant, plusieurs ont sauté la 2e coupe pour espérer de meilleurs rendements à la 3e. « On est au même point qu’on était », indique le président de la Fédération, Gilbert Marquis. Les agriculteurs attendent « nerveusement » le versement de la 2e avance par la FADQ pour acheter le foin d’hivernage de leurs bêtes. « Il y en a qui me disent qu’ils n’ont plus le choix, qu’ils doivent vendre des animaux », souligne M. Marquis. 

Cependant, un quart des producteurs de la région ont semé du maïs fourrager et les rendements semblent être là pour eux. M. Marquis constate que l’hiver ne tardera pas à arriver dans sa région, mais ne le souhaite pas. « Il reste encore du maïs et de l’ouvrage à faire dans nos champs », dit-il. 

La paille aussi chère que le foin

La paille a également souffert de la sécheresse estivale, ce qui a fait grimper son prix. « La paille coûte aussi cher, sinon plus que le foin », indique le président de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis.

L’avoine n’a pas atteint sa hauteur habituelle dans les régions affectées par la sécheresse, explique le président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-
Témiscamingue, Pascal Rheault. Normalement, la céréale arrive à une hauteur d’environ 1 m, mais cette année, elle est considérée comme haute si elle atteint 0,5 m. « On ne fait que récolter les têtes et ça ne donne pas de paille pour les producteurs », souligne M. Rheault. Certains remplacent la paille par de la ripe, mais le résultat n’est pas optimal. Même son de cloche dans le Bas-Saint-Laurent, où « la paille n’est pas là et [où] les céréales [avoine, orge et blé] ne se classent pas », indique le président de la Fédération, Gilbert Marquis. 

Grains

En Abitibi-Témiscamingue, la récolte des grains n’est pas terminée, mais il semble que la sécheresse ait aussi affecté la qualité et les rendements. « Je suis déçu de mes récoltes parce que le grain est léger; il sera déclassé », indique M. Rheault. Si ses grains de consommation humaine sont envoyés au bétail, la différence de revenus sera notable. « On veut valider avec la Financière, mais il y a eu beaucoup d’avis de dommages », mentionne le président.