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En plus de la baisse du prix du soya et des retards dans les semis, des producteurs de plusieurs régions, comme Alain Godin, du Centre-du-Québec, se désolent du faible taux de survie de leurs cultures semées à l’automne. Photo : Gracieuseté du Centre de grains Godin

En plus de la baisse du prix du soya et des retards dans les semis, des producteurs de plusieurs régions, comme Alain Godin, du Centre-du-Québec, se désolent du faible taux de survie de leurs cultures semées à l’automne. Photo : Gracieuseté du Centre de grains Godin

3 stratégies gagnantes lors de semis tardifs

Des experts vous proposent trois stratégies pour tirer votre épingle du jeu dans un contexte de semis tardifs, où on assiste à une baisse de prix pour le soya et le canola et à une hausse de prix pour le maïs.

1- Surveiller la bourse.

Les producteurs ont tout intérêt à saisir les opportunités de marché. C’est ce qu’a fait Mathieu Pigeon qui a déjà vendu 25 % de son maïs pour juin 2020 à un prix avoisinant les 225 $/t. Ramzy Yelda, analyste principal des marchés aux Producteurs de grains du Québec, suggère aux agriculteurs d’être vigilants afin de profiter rapidement d’une augmentation de prix du soya.

« Il pourrait arriver un short technique, un petit rallye haussier des prix. Le cas échéant, les producteurs devront en profiter pour fermer des prix sur une portion de leurs volumes », mentionne-t-il. Le 26 juin est d’ailleurs une date importante à surveiller pour la commercialisation des grains, car le département américain de l’Agriculture (USDA) révélera les superficies semées en maïs, en soya, en blé, etc.

2- Ne pas changer son plan de culture.

Un trop grand retard dans les semis de maïs peut inciter les producteurs à substituer leurs semences pour des hybrides plus hâtifs, ce que déconseille l’agronome Stéphane Myre, de Bayer. « Si les hybrides de maïs sont adaptés à leur zone de maturité et qu’ils ont une courbe de séchage rapide, il est préférable de ne pas les changer avant le 25 mai, et ce, en allant chercher le maximum de rentabilité », assure-t-il.

Et à ceux qui seraient tentés de remplacer le maïs par du soya, le conseiller en gestion Martin Hébert leur recommande de bien faire leurs calculs. « Avec du maïs à 205 $/t, il te faut un rendement de 10,4 t/ha pour avoir un revenu [avant la déduction des frais fixes] de 1 075 $/ha. Avec du soya à 400 $/t, si tu veux obtenir le même montant à l’hectare, il te faut un rendement de 3,8 t/ha. Même si tu sèmes tard, tu as plus de chances de générer un rendement minimal de 10,4 t/ha de maïs que 3,8 t/ha de soya », analyse-t-il. En résumé, il conseille d’être plus patient cette année avec le maïs, même si les semis s’étirent.

3- Choisir une production à plus-value.

L’agriculteur Alain Godin, de Sainte-Eulalie, réussit à dégager de meilleurs revenus en diversifiant son entreprise par la production de semences de céréales.
« Ça donne de bonnes primes. C’est ce qui va nous aider à passer à travers la baisse de prix du soya. Mais ce ne sont pas tous les agriculteurs qui en font, car c’est beaucoup plus d’ouvrage. L’an dernier, il a fallu arracher de la mauvaise herbe à la main sur 20 acres pour ne pas perdre notre prime », donne-t-il en exemple.

De son côté, le producteur Gilles Audette a augmenté considérablement ses profits en passant à l’agriculture biologique. Il s’applique maintenant à diversifier sa production au-delà du maïs-soya-blé.
« Il faut aller dans des marchés où il y a moins de monde, comme celui du brocoli bio, du maïs sucré bio, etc. En tout, on aimerait avoir de 15 à 20 cultures différentes. C’est plus compliqué, mais plus rentable », explique-t-il.