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250 hectares de maïs récolté le… 2 juin!

L’hiver rigoureux et les pluies répétitives du printemps ont usé les nerfs de plusieurs producteurs, dont les Voghell, forcés d’attendre au début juin pour récolter leurs derniers champs de maïs semés l’an passé!



« D’habitude, on récolte le maïs sur le sol gelé, à la mi-mars ou au début d’avril, lorsque le grain atteint 15 % d’humidité. Mais cette année, il y avait trop de neige sous les épis. Ça bloquait dans la batteuse, explique Bruno Voghell, au volant de sa moissonneuse 12 rangs.

Surtout que dans ce secteur de la Montérégie, à Carignan précisément, le sol n’arrivait pas à s’assécher ce printemps; les quelques journées de beau temps étaient aussitôt succédées de pluie. Et pour les Voghell, des adeptes de semis direct, il s’avérait impensable de procéder aux récoltes dans des conditions qui auraient compacté la terre. Le mot d’ordre : patience! « Notre père était plus calme, mais mon frère et moi, on commençait à être nerveux. Nous sommes le 2 juin et nous avons encore du maïs à semer et tout le soya reste à faire, en plus de ce morceau de 250 hectares à récolter! », dépeint-il.

Du maïs à 13 % d’humidité

Attendre au mois de juin pour récolter cette superficie de maïs gruge non seulement un temps précieux aux Voghell, en pleine période des semis, mais de surcroît, le grain est trop sec, affichant un taux d’humidité de moins de 13 %. « À 12,7 % d’humidité, c’est trop sec. On perd du poids », commente Bruno Voghell. Heureusement, les champs ne présentent pas de verse. Et ce n’est pas un hasard, car les producteurs optent spécifiquement pour des cultivars résistants à la verse.

La récolte sur sol gelé se révèle un concept qui fonctionne normalement très bien, apportant des gains économiques appréciables. « Nous n’avons pas besoin de sécher le grain, ni de l’entreposer. Les camions partent du champ et livrent directement au port ou chez des éleveurs. Et la machinerie ne masse pas le sol. Mais ce n’est pas pour tout le monde, il faut des nerfs d’acier! » fait remarquer l’un des fils Voghell, qui travaille jusqu’à minuit, moment où son frère prend le relais. « Nous avons démarré la batteuse hier matin à 7 h 30 et elle fonctionnera 24 heures sur 24 jusqu’à ce qu’on termine. Ensuite, on embarque avec le planteur! » indique-t-il.