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Plants de fraises en culture au Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL). Photos : Jennifer Crawford

Plants de fraises en culture au Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL). Photos : Jennifer Crawford

1,3 M$ pour développer le fruit idéal

La fraise est l’un des fruits préférés des Québécois. La filière est sans cesse à l’œuvre pour améliorer les variétés. Elle vient d’obtenir un précieux coup de pouce du ministère de l’Agriculture.

Le 6 mars dernier, lors d’une rencontre du Conseil canadien de l’horticulture à Halifax, le ministère de l’Agriculture a annoncé un investissement de 1,3 M$ pour financer un projet de recherche sur les variétés de fraises, de framboises et de bleuets. Le principal objectif vise à coordonner une recherche au niveau national afin de produire de nouvelles variétés, à la fois plus résistantes et mieux adaptées aux attentes des marchés. « Il y a deux ans qu’on travaillait sur cette idée. Nous sommes très heureux de cette annonce qui va permettre, pour la première fois, de réunir toute l’expertise canadienne, des chercheurs jusqu’aux producteurs et aux industriels », se réjouit la directrice générale de l’Association des fraises et framboises du Québec, Jennifer Crawford.

Quatre provinces mènent ce projet avec Agriculture Canada : le Québec, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique. « Auparavant, il y avait deux centres de développement variétal au Canada, un en Colombie-Britannique et un en Nouvelle-Écosse, et il n’y avait pas beaucoup de communication sur l’hybridation avec les producteurs du Canada, explique le président de l’Association, David Lemire. Désormais, nous disposons d’un budget pour standardiser les essais et développer une recherche en lien étroit avec les besoins des producteurs. »

Dans les quatre provinces, des centres de recherche vont tester des sélections végétales et mettre en commun le fruit de leurs expériences. Pierre Lafontaine, directeur du CIEL (Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière), mènera le travail de terrain pour le Québec. « Nous avons convenu d’un même protocole à travers les provinces, sur les mêmes sélections, pour vérifier le potentiel de chacune, précise l’agronome. En fonction des marchés, les attentes sont différentes : en autocueillette, les gens recherchent des fraises plus foncées, alors que la grande distribution veut des fruits plus clairs et d’un certain calibre, par exemple. Les producteurs, eux, veulent aussi des fruits qui résistent aux insectes ou qui se récoltent plus facilement… » Le résultat de ces recherches sera retourné aux améliorateurs qui, à partir d’un travail sur la génétique, développeront les futures variétés de fraises et de framboises.

« Nous fondons beaucoup d’espoir sur cette étude, car les Québécois mangent des fraises toute l’année. C’est le fruit chouchou! déclare Jennifer Crawford. Nous sommes toujours à la recherche d’une fraise de meilleure qualité, que ce soit sur le plan de la fermeté, du taux de sucre dans le fruit ou bien encore des arômes et saveurs, des notions très subjectives. Mais l’arôme, c’est 70 % de notre expérience de goût. »

Il s’agit d’une étude au long cours. La première année, le projet va se concentrer sur vingt sélections de fraises et dix de framboises. Il faudra attendre un peu plus pour les bleuets. La filière se fixe cinq ans pour proposer trois ou quatre nouvelles variétés de fraises et de framboises commercialisables.

Agathe Beaudoin, collaboration spéciale