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Cultiver bio… oui, mais encore?

 

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Par Danielle Jacques, agronome, CRAAQ

Chacun sait que les légumes et les fruits biologiques sont cultivés sans engrais de synthèse et sans pesticides chimiques. Mais pratiquer l’agriculture biologique, c’est beaucoup plus que cela. Les producteurs biologiques appliquent à la lettre certains principes vieux comme le monde, mais pourtant essentiels.

« Un des principes fondamentaux de l’agriculture biologique est de nourrir le sol pour nourrir la plante.

C’est ce que l’on peut lire dans les guides de production de petits fruits biologiques (fraise, framboise, bleuet, raisin) publiés par le CRAAQ. En plus d’améliorer la structure du sol, les engrais naturels (fumiers, composts…) sont transformés par les vers de terre, microorganismes et autres en éléments fertilisants assimilables par les plantes. Il est donc primordial de protéger la « vie » du sol en s’assurant que les conditions sont favorables à ces organismes, sachant que l’activité biologique est réduite dans un sol pauvre, compacté ou mal aéré.

Un autre principe clé de l’agriculture biologique est de préserver la biodiversité, c’est-à-dire la présence, dans un même milieu, de plusieurs espèces et écosystèmes en relation les uns avec les autres. Il peut s’agir de conserver tout autour du champ cultivé des habitats (refuges) pour des insectes bénéfiques qui agiront à titre de prédateur naturel contre les ravageurs de la culture. La coccinelle, par exemple, est un insecte bénéfique efficace contre les pucerons et contre les œufs et larves de doryphore dans les champs de pommes de terre.

Prévenir plutôt que guérir
Lorsque cela est possible, les producteurs bio choisissent des cultivars reconnus comme étant moins sensibles à certaines maladies ou à l’attaque de ravageurs. Les pratiques culturales comportent également un objectif de prévention. À titre d’exemple, une culture aérée, un bon drainage, une plantation sur buttes, l’irrigation goutte à goutte ou par aspersion le matin plutôt qu’en fin de journée favorisent le séchage rapide des feuilles, contribuant ainsi à limiter ainsi le développement de maladies fongiques. La propreté autour et dans la culture, incluant la sortie des déchets pouvant abriter des organismes pathogènes et autres ravageurs, est de mise. Enfin, la rotation, qui consiste à alterner des cultures différentes sur une même parcelle, contribue à maintenir la fertilité du sol et limite l’envahissement des maladies et ravageurs spécifiques de tel ou tel fruit ou légume. Attention toutefois à l’ordre de succession des cultures! Pour la fraise notamment, on évitera un précédent de pomme de terre, d’aubergine, de piment ou de tomate, car ces cultures sont sensibles au flétrissement verticillien qui affecte aussi les fraisiers.

Un certain nombre d’individus appartenant à une espèce nuisible (insecte ou autre) peut être toléré dans une culture tant qu’il demeure sous le seuil dommageable. Le dépistage indique quand traiter, le cas échéant. Pour lutter contre ladite espèce, on utilisera tantôt un savon insecticide, tantôt un aspirateur, des pièges englués, etc., sans oublier les prédateurs naturels déjà mentionnés.

Les mauvaises herbes dans tout ça? Différents moyens s’offrent aux producteurs pour lutter contre ces indésirables : jachère pour se débarrasser des vivaces, paillis, etc. Par ailleurs, on ne peut se passer du sarclage mécanique ou manuel.

Vous en savez maintenant un peu plus sur l’agriculture biologique. Peut-être pourrez-vous la pratiquer à l’échelle de votre potager. Visitez la section « Publications » sur www.craaq.qc.ca pour découvrir d’autres lectures sur le sujet.

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