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Pour certaines essences dont les cônes restent fixés aux arbres, les cueilleurs devront avoir recours à une nacelle. Photo : Gracieuseté du MFFP

Pour certaines essences dont les cônes restent fixés aux arbres, les cueilleurs devront avoir recours à une nacelle. Photo : Gracieuseté du MFFP

Cueilleurs de semences forestières recherchés en Abitibi-Témiscamingue

Un appel aux cueilleurs de la Vallée-de-l’Or et du Témiscamingue a été lancé au début juillet par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Leur mission : récolter les précieuses semences qui seront plantées dans la région dans au moins deux ans, après un séjour au Centre de semences forestières de Berthierville et une première poussée en pépinière. Petit voyage de la graine à l’arbre.

Le ministère des Forêts procède désormais à une récolte optimisée, c’est-à-dire qu’il ne récolte que ce dont il a besoin. Photo : Gracieuseté du MFFP

Le ministère des Forêts procède désormais à une récolte optimisée, c’est-à-dire qu’il ne récolte que ce dont il a besoin. Photo : Gracieuseté du MFFP

Chaque année, entre 130 et 150 millions de plants forestiers sont destinés au reboisement des forêts québécoises. Pour assurer l’approvisionnement en continu et la livraison de ces arbres, le MFFP doit récolter plus de 350 millions de semences de résineux ou de feuillus pour lesquelles il fait appel à des cueilleurs professionnels des quatre coins du Québec, selon les besoins exprimés dans les plans d’aménagement forestier validés par un ingénieur.

Ces semences sont ensuite acheminées au Centre de semences forestières de Berthierville, dans Lanaudière, véritable bibliothèque du patrimoine forestier québécois où plus de 4,7 milliards de graines sont conservées — dont certaines depuis plus de 40 ans.

« S’il y a des besoins de plants pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue, les semences doivent avoir été produites et le territoire d’utilisation de ces semences-là doit être en Abitibi, explique Fabienne Colas, responsable technique au Centre de semences forestières de Berthierville. Cet appel est important, parce que pas de semences, pas de plants! »

Récolte optimisée

Fabienne Colas. Photo : Gracieuseté du MFFP

Fabienne Colas. Photo : Gracieuseté du MFFP

Alors qu’il y a une quarantaine d’années, le ministère cueillait tous les cônes disponibles, la récolte est aujourd’hui « optimisée ». « Les besoins de plants sont colligés à Québec. En général, c’est sur un horizon de cinq ans que la planification est faite. On sait qu’il va y avoir des besoins dans telle ou telle région, donc la cueillette est optimisée pour répondre à ces besoins-là. On ne récolte que ce dont on a besoin. Et il n’y a pas de production de plants s’il n’y a pas de besoins », poursuit Fabienne Colas, précisant que les lieux de cueillette sont déterminés après une évaluation de la fructification faite vers la fin juin.

On visite à cette fin le réseau des vergers à graines du ministère. Ce sont des « plantations d’arbres génétiquement supérieures, explique-t-elle, aménagées de façon à faciliter la récolte » et disséminées dans toutes les régions du Québec. La majorité des semences cueillies proviennent de ces vergers. Le MFFP peut aussi se tourner vers la forêt naturelle, tant en territoire public que privé.

Pour la récolte, qui a lieu, en règle générale, de la mi-août à la mi-octobre, on installera des bâches au sol de manière à recueillir les cônes. Pour d’autres essences, par exemple le pin gris dont les cônes restent fixés aux arbres, on utilisera plutôt une nacelle.

C’est à partir de ces graines que peut ensuite démarrer la production de plants, par attribution de contrats par le MFFP aux pépinières. Il en existe six publiques et 12 privées au Québec. Au printemps, le Centre de semences de Berthierville transmet donc à ces pépinières les semences requises. Et le cycle peut recommencer.

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Émilie Parent-Bouchard, collaboration spéciale