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L’une des équipes de recherche de l’Université Laval travaille déjà depuis quelques années à la production de mouches soldat noires pour l’alimentation des animaux d’élevage et domestiques. Photo : Gracieuseté de l’émission La voie agricole

L’une des équipes de recherche de l’Université Laval travaille déjà depuis quelques années à la production de mouches soldat noires pour l’alimentation des animaux d’élevage et domestiques. Photo : Gracieuseté de l’émission La voie agricole

Création d’une chaire universitaire consacrée à l’élevage d’insectes

Un pas de plus est franchi dans la reconnaissance de l’entomoculture comme secteur de production à part entière. L’Université Laval annoncera d’ici peu la création d’une chaire de leadership en enseignement sur l’élevage et la transformation d’insectes à des fins agricoles, une première en Amérique du Nord.

« Ces dernières décennies, on a bien appris à tuer les insectes. L’heure est venue de savoir comment les élever pour en tirer profit », lance l’un des principaux artisans du projet, Grant Vandenberg, chercheur et professeur titulaire au département des sciences animales de l’Université Laval, qui mène depuis quelques années des travaux sur la mouche soldat noire.

Grant Vandenberg. Photo : Alice Chiche

Grant Vandenberg. Photo : Alice Chiche

La création de la chaire de leadership en enseignement de la production et de la transformation des insectes comestibles aura pour premier objectif d’intégrer des notions d’entomoculture dans les cours du baccalauréat en sciences animales, puis de créer des cours spécifiques à cette discipline pour les étudiants du deuxième et du troisième cycle.

« À terme, j’aimerais que les collègues et les étudiants viennent à considérer l’élevage d’insectes de la même manière que les autres productions animales. Ce sont les mêmes principes fondamentaux, mais à plus petite échelle », explique M. Vandenberg.

Éventuellement, la chaire pourrait développer des cours destinés aux agronomes et des microprogrammes adaptés aux entrepreneurs qui souhaiteraient se lancer dans ce type d’élevage. « On veut démocratiser cette discipline en amenant d’autres chercheurs à développer des cours et en sortant le plus possible de l’université. On souhaite démontrer que l’élevage des insectes n’est pas un truc marginal qu’on fait dans son sous-sol. »

Un secteur grouillant de potentiel

La création de cette chaire aura notamment pour effet de pallier le manque de formation de la main-d’œuvre dans ce secteur qui est sur le point de connaître un boom, précise Grant Vandenberg. « Nous sommes en discussion pour établir des partenariats avec de gros joueurs qui s’intéressent à l’entomoculture pour ses applications animales et humaines. L’industrie agroalimentaire considère de plus en plus les insectes pour l’aider à relever ses défis de durabilité. »

Selon le chercheur, l’entomoculture se veut complémentaire aux autres secteurs de production animale et peut jouer un rôle important dans la valorisation des déchets organiques, surtout dans un contexte où Québec désire étendre le compostage à l’ensemble de son territoire d’ici 2025. « Prenez l’exemple de la mouche soldat noire qui se nourrit de déchets organiques. Sa protéine peut servir de nourriture à la volaille, aux poissons et aux animaux domestiques. Ses déjections peuvent être employées comme produits fertilisants et même son exosquelette peut avoir une valeur commerciale puisqu’elle possède d’intéressantes propriétés antimicrobiennes et fongicides, énumère-t-il. Le potentiel des insectes en agriculture est énorme. »

Étant encore soumise à un processus de candidature, l’identité du titulaire de la chaire sera dévoilée sous peu. Les premières notions d’entomoculture devraient être dispensées dans les programmes de sciences animales dès l’année d’étude 2020-2021.