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Photo : Archives / TCN

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Un sondage sur l’euthanasie d’animaux crée des remous

Une récente étude publiée par l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, suggère que plus de la moitié des Canadiens croit que l’euthanasie des animaux à la ferme devrait être illégale, et ce, même en temps de crise. Une telle affirmation a bien sûr soulevé l’ire du milieu agricole.

Le sondage a été mené par la firme canadienne Caddle, basée à St. Catharines en Ontario, du 11 au 13 mai auprès de 1567 Canadiens. Plus de la moitié d’entre eux estiment que le fait de jeter des denrées ou d’euthanasier des animaux devrait être interdit. Les taux sont de 48,3 % pour le lait, 53,5% pour les porcs et 54,4 % pour les poulets, peut-on lire dans le document.

Appelé à réagir sur le sujet, le directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Charles-Félix Ross, admet d’entrée de jeu qu’il est « choquant » de devoir jeter de la nourriture, autant pour les producteurs que les consommateurs. Toutefois, il considère que la proposition véhiculée par ce sondage, c’est-à-dire de rendre illégal le gaspillage à la ferme, est « assez simpliste ». « S’il y avait des solutions faciles, on les aurait déjà mises en œuvre. […] On est impuissants dans un contexte de crise sanitaire mondial. Du jour au lendemain, ça a changé l’offre et la demande et causé des dysfonctionnements dans les usines de transformation », affirme-t-il.

Ce dernier va même jusqu’à dire qu’en ces temps de pandémie, il est « assez cheap de jeter des pierres et de faire la morale aux gens », considérant que tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire, dont les usines d’abattage qui ont dû ajouter des quarts de travail pour éviter des surplus d’élevage.

En entrevue à La Terre, le professeur Sylvain Charlebois, qui dirige le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, assure ne pas chercher à attaquer les agriculteurs avec cette nouvelle étude. « On ne les blâme pas. J’ai été assez clair [dans le rapport]. Ce sont les victimes. Les producteurs manquent d’options », considère-t-il.

Critique de la gestion de l’offre

Le directeur général de l’UPA Charles-Félix Ross se questionne d’ailleurs sur les motifs qui ont poussé le laboratoire de M. Charlebois à publier ce sondage. « Est-ce qu’il [Sylvain Charlebois] mène une croisade idéologique contre la gestion de l’offre et les systèmes de mise en marché? » s’interroge-t-il.

Le professeur affirme plutôt qu’il en critique les failles. « On a gagné beaucoup avec ce système et il devrait être maintenu. Je le dis depuis le début de la pandémie. Mais assurons-nous qu’il fonctionne bien », fait-il valoir. 

Dons alimentaires par milliers

Le contexte de surplus de denrées a poussé plusieurs groupes spécialisés à faire de nombreux dons aux Cuisines Solidaires de l’organisme La Tablée des chefs pour les Banques alimentaires du Québec (BAQ). Les Producteurs de lait ont offert plus de quatre millions de litres de lait et la Fédération des producteurs d’œufs, 84 000 douzaines d’œufs. Les Éleveurs de porcs ont quant à eux versé 100 000 $ aux BAQ.