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L’industrie agroalimentaire doit conjuguer avec une nouvelle fermeture des salles à manger de restaurants, qui la prive d’un important marché pour écouler ses produits. Photo : Shutterstock.com

L’industrie agroalimentaire doit conjuguer avec une nouvelle fermeture des salles à manger de restaurants, qui la prive d’un important marché pour écouler ses produits. Photo : Shutterstock.com

Nouvelle vague de fermetures : l’industrie a appris

Des mesures strictes pour lutter contre la COVID-19 sont de nouveau en vigueur depuis le début de l’année, à commencer par les salles à manger de restaurants qui ont dû fermer. S’il s’agit du jour de la marmotte pour plusieurs, des joueurs agroalimentaires qui dépendent en partie de ce marché se sont adaptés et sont moins pris au dépourvu qu’en mars 2020. 

Fabien Fontaine

Fabien Fontaine

« On s’est un peu sorti de la restauration pour être plus affichés dans les épiceries », témoigne Fabien Fontaine, l’un des dirigeants de Délimax et Montpak International, qui possèdent quatre usines d’abattage et de transformation de veaux, de bœuf et d’agneaux au Québec. M. Fontaine estime « s’en sortir assez bien » avec cette stratégie mise en place après la première vague de fermetures en 2020, puisque ses entreprises dépendent maintenant beaucoup moins des institutions. Auparavant, illustre-t-il, le secteur de la restauration représentait environ 50 % de son marché, alors qu’aujourd’hui, la proportion s’établit plutôt à 20 %. 

Le porte-parole des Producteurs de lait du Québec, François Dumontier, indique de son côté que les programmes de stockage dont l’industrie s’était dotée en 2020 pour éviter de jeter du lait sont « toujours là », advenant que la situation devienne « chaotique » de nouveau. « Mais ce n’est pas la même situation qu’en 2020, assure-t-il. On suit ça de près et on s’ajuste au fur et à mesure. Les hausses de production sont prudentes », ajoute M. Dumontier. Son organisation, dit-il, est également proactive pour éviter les éclosions dans les usines de transformation laitière.

Des surplus et des pertes pour certains

Quant à la Fédération des producteurs d’œufs du Québec, elle admet accuser un surplus élevé, mais encore tolérable pour le moment. Denis Frenette, directeur général adjoint, mentionne que les producteurs sont en mesure d’absorber ce surplus à court terme. « Nous allons donc entreposer et ce sera la capacité d’entreposage en fonction des surplus par semaine qui va dicter les prochaines actions », indique-t-il.

Pour le transformateur de porcs Olymel, cette nouvelle fermeture engendre certaines pertes, signale le porte-parole Richard Vigneault. Si le marché se déplace vers l’achat en épicerie et les restaurants qui offrent des repas pour emporter, cela ne remplace toutefois pas la totalité des ventes habituelles. 


Le deuil du dimanche

Le gouvernement a décrété la fermeture des commerces le dimanche, au moins jusqu’au 16 janvier. Cette décision déçoit Normand Côté, copropriétaire de la Fromagerie Médard au Lac-Saint-Jean, puisqu’il s’agit de l’une de ses journées les plus profitables à la boutique.

« D’habitude, on ferme les lundis et les mardis, parce que c’est mort. Là, on va voir ce qu’on va faire », témoigne-t-il. Bien qu’elle ne sente pas directement les effets de la fermeture sur son entreprise, la propriétaire de la Chèvrerie aux Volets Verts, Myriam Landry, qui vend de la viande de chèvres et chevreaux, estime de son côté que cette mesure pourrait nuire à l’achat local et à la ferme. « Les gens occupés d’aujourd’hui, il faut leur faciliter la tâche et leur donner une chance de se rendre à nous. Ils n’ont généralement que les fins de semaine pour le faire. Là, les gens seront à la course pour tout faire le samedi et, souvent, choisiront la facilité et l’épicerie », déplore l’éleveuse de Saint-Esprit, dans Lanaudière.