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Photo : Archives / TCN

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Le secteur laitier se redresse avec la vente au détail

Comme les consommateurs sortent moins et cuisinent plus depuis le début de la crise de la COVID-19, les ventes au détail de produits laitiers ont augmenté en 2020. Actuellement, « les signaux sont positifs pour les ventes et les marchés » en 2021, a expliqué la directrice générale des Producteurs de lait du Québec (PLQ), Geneviève Rainville, lors d’une assemblée virtuelle d’information, le 18 novembre. Toutefois, certaines incertitudes demeurent pour l’année à venir, notamment en raison d’une hausse anticipée des importations découlant des accords commerciaux.

« En 2020, la COVID-19 a frappé de plein fouet l’industrie laitière, à l’instar de l’ensemble de la société. […] Nous pouvons malgré tout apercevoir du positif dans le contexte. Depuis plus de six mois, les ventes au détail ont affiché une importante croissance pour plusieurs produits laitiers », a soutenu Daniel Gobeil, président des PLQ.

Un regain après la crise du printemps

Après avoir diminué globalement de 8 %, de la fin mars à la mi-avril – notamment en raison de la fermeture des restaurants qui a fait chuter les commandes de fromages fins de 26 % – les commandes de lait des transformateurs sont remontées et se stabilisent. Ce phénomène s’explique par les mesures additionnelles de stockage mises en place pendant la crise, mais aussi par les ventes au détail qui ont crû. De façon globale, la hausse des ventes durant les 12 derniers mois a été de 13,4 % pour le beurre, de 11,4 % pour la crème, de 8,1 % pour les fromages, de 3,6 % pour le lait de consommation et de 0,5 % pour le yogourt par rapport à l’année précédente.

Hausse de quota anticipée

Selon les prévisions de l’agroéconomiste Rock Éric Hounhouigan, le quota de production de lait pourrait augmenter de 1,8 % d’ici juillet 2021, une année laitière s’échelonnant de juillet à juillet.

Après avoir chuté en avril en raison de la COVID-19, la production laitière au Québec est en hausse et se stabilise. Toutefois, l’augmentation des importations découlant des différents accords commerciaux pourrait faire baisser les ventes de produits locaux et avoir une incidence sur le quota dans les prochains mois.

« Il faut savoir qu’un ajustement du marché ne mènera pas nécessairement à un ajustement du droit de produire […] Le niveau d’influence des importations sera à surveiller », a noté l’agroéconomiste.

À titre d’exemple, le quota laitier a crû de 1,7 %, durant l’année 2019-2020, par rapport à l’année précédente alors qu’on prévoyait plutôt une augmentation de 2,6 %. Les répercussions de la COVID-19 et de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, notamment, ont contribué à la hausse moins importante qu’anticipé. 

Indexation du prix du lait de 2 % en février

La Commission canadienne du lait a annoncé une augmentation de 2 % du prix du lait à la ferme dans les classes régulières à compter de février 2021. Cela représente une augmentation de 1,46 $/hl. D’autres facteurs viendront  toutefois influencer le revenu moyen des producteurs pour l’année 2020-2021, notamment les prix mondiaux, la demande de produits laitiers au Québec et les effets des accords commerciaux. Pour la prochaine année, les Producteurs de lait du Québec anticipent une hausse moyenne du revenu du producteur de 0,41 $/hl selon un scénario pessimiste, et de 1,39 $/hl selon un scénario optimiste. « Ce ne sont que des prédictions. La vérité se trouve probablement quelque part entre les deux », a fait savoir la directrice générale Geneviève Rainville.