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La souche potentiellement à l’origine du coronavirus observé dans les fermes bovines a été prélevée chez un tapir indonésien à la suite d’une éclosion de diarrhée hémorragique dans un zoo du Québec en janvier 2021. Photo : Shutterstock

La souche potentiellement à l’origine du coronavirus observé dans les fermes bovines a été prélevée chez un tapir indonésien à la suite d’une éclosion de diarrhée hémorragique dans un zoo du Québec en janvier 2021. Photo : Shutterstock

La dysenterie d’hiver fait plus de ravages

Ce qui pourrait bien être une nouvelle souche de dysenterie d’hiver a causé des dommages dans les troupeaux bovins de la province en décembre et janvier derniers. C’est ce que révèle le bilan 2021 des maladies bovines qui sera prochainement dévoilé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Luc Bergeron

Luc Bergeron

« Au Québec, il y a eu des cas plus sévères et plus contagieux dans plusieurs élevages de bovins, notamment en Montérégie », indique le vétérinaire Luc Bergeron, qui est l’auteur du bilan à la Direction de la santé animale du MAPAQ.

Cette nouvelle souche présumée de coronavirus (non relié à la COVID-19) a occasionné de la mortalité dans les troupeaux. « La souche qu’on a eue cette année causait des diarrhées beaucoup plus hémorragiques et la maladie était beaucoup plus contagieuse à l’intérieur du troupeau et entre les élevages, et a causé des mortalités dans certains cas, ce qui est très rarement observé », dit-il en précisant que le MAPAQ a peu de données sur les souches qui circulaient préalablement dans la province.

Soixante-treize pour cent des vétérinaires praticiens du secteur laitier ont rapporté une hausse de cas dans la province cet hiver. Seules les régions du Centre-du-Québec, des Laurentides et de la Chaudière-Appalaches n’ont pas observé de cas plus sévères qu’à l’habitude. Le virus, dont le vétérinaire compare la propagation à celle d’une gastro dans une garderie, se résorbe habituellement par elle-même après quatre ou cinq jours et prend environ deux semaines à faire le tour de l’élevage. Toutefois, la sévérité de la maladie a obligé certains vétérinaires à procéder à des perfusions sanguines. Le MAPAQ rapporte également d’importantes baisses de production de lait durant cette période.

Il est difficile de déterminer avec exactitude la provenance de la souche observée dans les fermes cet hiver. Toutefois, les experts ont découvert une souche équivalente à 99,85 % chez un tapir indonésien à la suite d’une éclosion de diarrhée hémorragique dans un zoo du Québec en janvier 2021. « Il est possible qu’il y ait une nouvelle souche en circulation. C’est l’hypothèse qu’on a actuellement, et vraisemblablement, les producteurs et les vétérinaires praticiens devront apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité. Est-ce qu’on aura cette nouvelle souche en circulation l’hiver prochain? On ne le sait pas, mais moi, je pense que oui », explique
M. Bergeron.