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Pour Anne-Sophie Paquet, l’annonce de la hausse prochaine du prix de la viande en épicerie explique en partie le succès que connaît la Ferme Syldia. Photo : Johanne Martin/TCN

Pour Anne-Sophie Paquet, l’annonce de la hausse prochaine du prix de la viande en épicerie explique en partie le succès que connaît la Ferme Syldia. Photo : Johanne Martin/TCN

Des kiosques à la ferme plus achalandés

Crainte de la promiscuité en épicerie, incertitude quant à la manipulation des aliments, mais aussi élan de solidarité en faveur de l’achat local : la crise de la COVID-19 incite de nombreux consommateurs à s’approvisionner directement chez les producteurs. Plusieurs enregistrent d’ailleurs des ventes exceptionnelles.

« En ce moment, à notre comptoir de vente, c’est comme avant les Fêtes au niveau du chiffre d’affaires. Nous vivons nos meilleures semaines depuis les débuts de l’entreprise. La viande hachée et les saucisses sortent énormément. Pour les œufs en libre-service, nous avons dû limiter les achats à deux douzaines par personne », révèle Anne-Sophie Paquet, de la Ferme Syldia, située à Neuville, près de Québec.

La productrice observe également que les habitudes de consommation changent. « Nous avons plus de clients et ceux que nous voyons régulièrement se procurent moins de filet mignon, de faux-filet ou de contre-filet et plus de pièces à mijoter. Les personnes cuisinent plus et nous demandent des idées de recettes », témoigne Anne-Sophie.

Philippe Beauregard a installé une rangée de paniers devant ses étals pour limiter les déplacements des clients dans sa boutique. Photo : Gracieuseté du Potager Mont-Rouge

Philippe Beauregard a installé une rangée de paniers devant ses étals pour limiter les déplacements des clients dans sa boutique. Photo : Gracieuseté du Potager Mont-Rouge

Une quarantaine de clients par jour

À Rougemont, en Montérégie, le copropriétaire du Potager Mont-Rouge, Philippe Beauregard, constate une plus grande affluence dans sa boutique à la ferme depuis le début de la crise de la COVID-19. « Normalement, à cette période-ci de l’année, ce serait mort chez nous. Mais là, on a une quarantaine de clients par jour », se réjouit-il.

Ses clients s’approvisionnent non seulement en divers produits d’érable, mais convoitent aussi tous les légumes qui périssent moins rapidement, tels que les carottes, les oignons et les pommes de terre. Et selon lui, « les gens apprécient l’idée de venir dans un endroit où il n’y a pas de foule. Ça détend un peu l’atmosphère ».

La livraison a la cote

L’acériculteur Julien Dupasquier, de La Coulée suisse, en Montérégie, fait une publicité éclair sur son site Internet et les médias sociaux pour proposer aux gens confinés chez eux de leur livrer des cornets, du sirop, du beurre d’érable et d’autres produits. La réponse a été instantanée. « Je fais des affaires d’or, affirme-t-il à La Terre. J’offre des boîtes de produits de l’érable à 40 $ livrées à domicile. En 48 heures, j’ai eu 400 commandes. » Il a embauché trois livreurs pour desservir sa clientèle et une ­personne à temps plein pour prendre les commandes. « J’ai l’impression que Pâques va prendre le bord cette année. Les gens ne feront peut-être pas de repas avec des grosses familles. Alors je mets le paquet : tant que je peux faire des livraisons, j’en fais. Le momentum est parfait », assure celui qui a largement dépassé ses ventes comparativement à celles de l’an dernier à pareille date. 

Avec la collaboration de Josianne Desjardins et de Martin Ménard