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Andrée-Anne Lussier, des Fermes Lussier, au kiosque du producteur au Marché Jean-Talon où sont préparées les commandes en ligne. Photo : Gracieuseté des Fermes Lussier

Andrée-Anne Lussier, des Fermes Lussier, au kiosque du producteur au Marché Jean-Talon où sont préparées les commandes en ligne. Photo : Gracieuseté des Fermes Lussier

Achat local - Des producteurs profitent de la vague

Accroître leur clientèle en pleine pandémie, c’est le tour de force qu’ont réalisé des producteurs maraîchers grâce à la vente en ligne de leurs produits. Ils ont profité de l’engouement accru des consommateurs pour les fruits et légumes d’ici.

Dès la fin mars, les Fermes Lussier ont lancé leur boutique en ligne. « On s’est retournés sur un dix sous, affirme France Bisson, copropriétaire de l’entreprise familiale de Saint-Damase. C’est un projet que l’on remettait toujours sur les feux d’en arrière faute de temps. Mais avec la baisse de l’achalandage au Marché Jean-Talon, on a décidé de foncer. »

Ils se sont lancés sans trop d’attentes, mais la clientèle a rapidement été au ­rendez-vous. Elle est composée d’habitués du marché public, qui pouvaient ainsi retrouver les produits de leur producteur préféré, mais aussi de nouveaux clients. « Nos ventes ont augmenté de 15 % à 20 % », précise France Bisson.

Pour répondre à la demande, la productrice a dû embaucher du personnel supplémentaire à la livraison. « On a trois livreurs de plus qui travaillent en alternance. Les paniers sont préparés à notre kiosque du Marché Jean-Talon et sont livrés dès le lendemain de la réception de la commande. On livre sur l’île de Montréal exclusivement. »

Parmi la clientèle, les Fermes Lussier comptent beaucoup de jeunes mamans qui continuent de venir au marché en plus d’acheter sur la boutique en ligne pour ne jamais manquer de produits frais.

« On va poursuivre même après la pandémie. On est à mettre en place une stratégie de développement de la clientèle sur le Web parce qu’il y a un besoin à combler », conclut Mme Bisson, qui constate que l’engouement des consommateurs pour les produits d’ici est plus fort que jamais depuis le début de la crise sanitaire. 

Présence en ligne

Serge Marticotte, du Jardin des filles à Paul, s’est aussi lancé dans la vente sur le Web au printemps. Plutôt que de créer une boutique en ligne, il a adhéré au Panier Québécois, un nouveau service de livraison de paniers de produits des marchands du Marché Jean-Talon.

« Je n’avais pas les ressources ni le temps pour bâtir un site Internet. Le Panier Québécois représentait une belle occasion. J’ai embarqué dès le début de la crise de la COVID-19, alors qu’on anticipait une saison plutôt médiocre », explique le ­producteur de Mercier, en Montérégie.

Finalement, l’entreprise a enregistré de très bons résultats durant la période estivale. « Les ventes ont été fortes au marché. Les initiatives d’achat local ont fait une différence. Et on a eu aussi plusieurs ­commandes en ligne chaque semaine, ce qui fait qu’on enregistre une augmentation du chiffre d’affaires de 10 % environ », affirme M. Marticotte.

Une vitrine pour les produits d’ici

Panier Québécois a été lancé au tout début de la crise sanitaire. « L’idée était de proposer un système de livraison consolidé aux marchands du Marché Jean-Talon, explique Jean-Baptiste Paganon, ­coassocié de la jeune entreprise. Sur notre site, les consommateurs peuvent rassembler dans le même panier des produits de différents producteurs, que ce soit des fruits et légumes, de la viande et des poissons, des fromages et autres produits d’épicerie. »

Le service a été bien accueilli par les marchands. « La plupart n’avaient pas de boutique de ligne et parfois ni même de page Facebook, affirme M. Paganon. On leur offrait une vitrine pour mettre de l’avant leurs produits. » L’entreprise livre quelque 300 paniers par semaine.

Panier Québécois a établi un partenariat avec les Marchés publics de Montréal pour d’abord desservir les marchands du Marché Jean-Talon. « Au cours de l’été, on a aussi fait un test au Marché Atwater, qui présente un bon potentiel », souligne M. Paganon. Le territoire de livraison couvre actuellement l’île de Montréal en majeure partie et pourrait s’étendre aux banlieues nord et sud dans un proche avenir. 

Sylvie Lemieux, collaboration spéciale