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Benoit Coulombe, propriétaire de la Ferme Giroflée, en Montérégie, a formé un collectif de producteurs de bleuets biologiques. Photos : Gracieuseté de Benoit Coulombe

Benoit Coulombe, propriétaire de la Ferme Giroflée, en Montérégie, a formé un collectif de producteurs de bleuets biologiques. Photos : Gracieuseté de Benoit Coulombe

Un regroupement de petits pour rivaliser avec les grands

Afin de réussir à tirer son épingle du jeu face aux grandes industries, Benoit Coulombe, de la Ferme Giroflée à Hemmingford, en Montérégie, a eu l’idée de former un collectif de producteurs de bleuets biologiques. Cela leur permet d’assurer une stabilité de récolte pour les clients et d’obtenir un meilleur prix pour leurs produits.

Actuellement, cinq fermes sont officiellement membres du Collectif de bleuets bio local et d’autres participent sporadiquement. Le fondateur du collectif aimerait pouvoir regrouper une dizaine de fermes de partout au Québec et peut-être même voir naître d’autres branches au collectif, par exemple en Mauricie ou en Gaspésie. Ces fermes forment aussi le Collectif Giroflée pour les fruits et légumes biologiques, sous le même principe, et proposent une douzaine de variétés.

Les bleuets des membres sont tous vendus dans le même sac à l’effigie du Collectif de bleuets bio local.

Les bleuets des membres sont tous vendus dans le même sac à l’effigie du Collectif de bleuets bio local.

« Pour établir des relations avec des acheteurs, ça prend du volume. L’acheteur veut un produit constant sur ses tablettes. La force du groupe permet d’être là, si un va moins bien », indique M. Coulombe. Celui qui a un bagage de conseiller maraîcher et d’enseignant horticole assure l’administration du collectif. Il coordonne les ventes avec les acheteurs, la négociation des prix et l’offre des producteurs.

Un lien de confiance, gage de meilleurs prix

« Quand tout le monde arrive en même temps, les chaînes en profitent et on doit souvent vendre à perte. Je travaille donc la relation avec les clients », dit Benoit Coulombe, qui précise que lors d’une première entente, le prix est souvent fixé plus bas, mais ensuite, avec le lien de confiance, c’est plus facile de l’augmenter. Il estime que ce processus permet aux agriculteurs de vendre entre 20 à 30 % plus cher que s’ils le faisaient par eux-mêmes.

Un des partenaires du collectif, Gregg Edwards, de la bleuetière portant son nom à Havelock, en Montérégie, soutient que ce regroupement lui permet d’écouler rapidement son fruit, dont la durée de vie est limitée. « Avec le collectif, il y a beaucoup de marchés. Ça va vite pour vendre le bleuet. C’est bénéfique pour nous, mais aussi pour le public qui a un produit toujours frais », souligne-t-il.

Le collectif a d’ailleurs fait son entrée dans une épicerie IGA avec ses sacs de bleuets congelés. La distribution de ce produit dans les grandes surfaces n’est pas facile puisque la concurrence est féroce. Le fondateur du collectif note toutefois que la demande des consommateurs pour le bio est en croissance.

Mieux payer la main-d’œuvre

Un des souhaits de Benoit Coulombe est de réussir à dégager suffisamment de profit pour mieux payer ses cueilleurs, qui se font rares. « On veut offrir un travail avec un salaire équitable. Les consommateurs sont contents d’acheter du café équitable de l’Amérique du Sud, où les travailleurs sont payés 3 $ au lieu de 2 $, mais ne sont pas prêts à payer plus les gens d’ici. J’essaie d’amener cette réflexion aux acheteurs », souligne-t-il.

L’agriculteur aimerait aussi réussir à obtenir un surplus monétaire avec le collectif ou recevoir de l’aide financière pour embaucher une ressource pour effectuer l’administration et le marketing. Cela l’aiderait à optimiser le circuit court du collectif ainsi que les ventes à la ferme, puisqu’il manque de temps.