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La norme biologique oblige les producteurs à prendre tous les moyens nécessaires pour éviter d’avoir une récolte contaminée par les plantes transgéniques, et l’analyse des semences se révèle un moyen important pour y arriver. Photo : Martin Ménard/TCN

La norme biologique oblige les producteurs à prendre tous les moyens nécessaires pour éviter d’avoir une récolte contaminée par les plantes transgéniques, et l’analyse des semences se révèle un moyen important pour y arriver. Photo : Martin Ménard/TCN

Semences bio : encore de la contamination

La moitié des semences de maïs destinées à l’alimentation animale seraient contaminées par des organismes génétiquement modifiés, selon des tests en laboratoire effectués pour la Coop Agrobio du Québec.

Loïc Dewavrin, responsable du comité semences de la Coop Agrobio, mentionne qu’entre 30 et 50 échantillons de semences sont testés chaque année et qu’environ 50 % d’entre eux contiennent plus de 0,5 % d’OGM. De 5 à 10 % des échantillons renferment même plus de 1 % d’OGM, selon les années.

« On en a un peu moins qu’avant [des OGM dans les semences], mais il en reste. Et c’est quand même inacceptable, car ça peut déclasser notre récolte », croit M. Dewavrin, aussi producteur de grains biologiques. En revanche, « certains lots de semences sont dépourvus d’OGM, ce qui est encourageant », nuance-t-il.

Une mer d’OGM

Les compagnies de semences ne sont pas toutes égales. « Certaines ont l’habitude de livrer des semences [dont les résultats en laboratoire] affichent un plus faible pourcentage d’OGM que d’autres », affirme Loïc Dewavrin. Aucune des semences n’est parfaite, selon lui. « Il peut arriver que les semences d’une même compagnie affichent zéro OGM une année et 2 % d’OGM l’année suivante », donne-t-il en exemple. Si certaines compagnies réussissent mieux que d’autres, l’enjeu de la contamination génétique affecte tous les producteurs de semences. « En Amérique du Nord, on baigne dans une mer d’OGM. Il y a des efforts qui sont faits, mais les risques de contamination sont élevés », dit M. Dewavrin. 

Responsable de sa récolte

Une trentaine de membres de la Coop Agrobio du Québec font tester leurs semences avant de semer. Le fait de se regrouper diminue leurs frais d’analyse en laboratoire de près de 50 %. Loïc Dewavrin rappelle que la norme biologique oblige les producteurs à prendre tous les moyens nécessaires pour éviter d’avoir une récolte contaminée par les plantes transgéniques et que l’analyse des semences se révèle un moyen important pour y arriver. « Si la semence est contaminée, c’est certain que les récoltes le seront. Les producteurs qui ne font rien tester jouent à un jeu dangereux, car il y a de plus en plus d’acheteurs qui testent les récoltes de grains et qui déclassent les récoltes s’il y a des OGM », prévient M. Dewavrin.

Au Canada, aucun seuil n’est fixé quant à la teneur maximale acceptée d’OGM dans les récoltes de maïs biologique. Plusieurs acheteurs de grains bio d’ici utilisent la norme européenne, dont le seuil maximal est de 0,9 %. « Il est sage d’éviter les semences contaminées à plus de 0,5 % par les OGM », juge Loïc Dewavrin.

Selon la Coop Agrobio du Québec et l’acheteur de soya RDR Grains et Semences, les semences de soya posent moins de problèmes de contamination génétique.