fbpx
Photo : Archives/TCN

Photo : Archives/TCN

L’Institut national d’agriculture biologique fait face à un défi de croissance

Des bureaux réquisitionnés pour ajouter des salles de classe, de la location d’espace pour accueillir de nouveaux employés… À peine deux ans après son inauguration, l’Institut national d’agriculture biologique (INAB) est déjà à l’étroit dans ses installations.

Le centre de formation, de recherche et de transfert technologique, rattaché au Cégep de Victoriaville, enregistre une forte croissance du nombre d’inscriptions. Actuellement, 220 étudiants sont présents sur le campus.

« C’est un chiffre qui se situe bien au-delà de ce que nous avions espéré quand on a décidé de construire l’INAB, affirme Denis Deschamps, directeur général du Cégep de Victoriaville. L’objectif était plutôt de 150. C’est le signe que l’agriculture biologique continue de gagner du terrain. »

S’il se réjouit de ces résultats, ils ne sont pas sans lui causer quelques maux de tête. Il a fallu procéder à différents aménagements pour accommoder les étudiants et l’ensemble du personnel. Ce n’est pas simple non plus de gérer cette croissance en temps de COVID-19.

« Pour faciliter la distanciation physique, on a dû faire monter sur notre site une grande tente devenue une cafétéria temporaire pour que les gens puissent prendre leur repas tout en respectant les directives de la santé publique », souligne M. Deschamps.

Le manque d’espace se fait aussi sentir du côté du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique (CETAB+) et du Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) qui ont embauché de nouveaux chercheurs. Des employés ont été déplacés dans des espaces à bureaux loués dans un bâtiment situé à proximité du CÉGEP en réponse à la croissance des effectifs qui s’élèvent maintenant à 80 chercheurs et enseignants.

Enjeu de financement

« Même si on dépasse notre capacité, il n’est pas question d’implanter un système de contingentement de nos programmes », soutient Normand Poniewiera, directeur général de l’INAB.

Un agrandissement n’est pas non plus dans les plans pour le moment. La direction est plutôt engagée à résoudre un problème de sous-financement de son budget de fonctionnement.

« Selon notre devis scolaire, on reçoit du financement pour 175 étudiants, ce qui est bien en dessous du nombre d’inscriptions actuel », explique M. Deschamps.

Des discussions sont en cours auprès du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour modifier le devis et obtenir du financement supplémentaire. « Elles ont été au ralenti en raison de la crise sanitaire. On espère néanmoins obtenir une réponse la plus rapide possible », ajoute-t-il. Le dossier est à suivre.

Plus qu’un effet de mode

Selon M. Deschamps, dans l’ensemble du réseau collégial, l’INAB accueille à lui seul la moitié des étudiants inscrits au programme Gestion et technologies d’entreprise agricole au Québec. Avec son modèle d’apprentissage axé sur la pratique, il propose quatre profils au choix : production animale, production légumière biologique, production fruitière biologique et agriculture urbaine.

Cette dernière option connaît beaucoup de succès. « En deux ans, le nombre d’inscriptions a plus que doublé pour atteindre 29 étudiants, précise M. Poniewiera. Il y a un réel intérêt pour la production agricole en milieu urbain, que ce soit pour implanter la culture maraîchère, élever des volailles ou des insectes. Cet engouement pour le bio, c’est plus qu’un effet de mode. »

Sylvie Lemieux, collaboration spéciale