fbpx
Henry-Alain Drocourt indique que les premières bouteilles de vin biologique du vignoble Côtes d’Ardoise seront produites en 2022. Photo : Gracieuseté de Henry-Alain Drocourt

Henry-Alain Drocourt indique que les premières bouteilles de vin biologique du vignoble Côtes d’Ardoise seront produites en 2022. Photo : Gracieuseté de Henry-Alain Drocourt

Le plus vieux vignoble du Québec converti au bio

Le vignoble Côtes d’Ardoise, le plus vieux de la province, vient tout juste d’obtenir une certification 100 % biologique pour ses 60 000 plants de vigne répartis sur 12,5 hectares. Cette conversion s’inscrit dans un travail de revigoration du site de Dunham en Montérégie et de diversification des modes de commercialisation des produits qui s’est amorcé en 2016. En entrevue avec La Terre, le directeur des opérations Henry-Alain Drocourt raconte le chemin parcouru pour remettre « sur le devant de la scène » une entreprise « qui se faisait oublier », selon lui.

« Le bio, c’est une philosophie qui vient me chercher énormément. C’est aussi une façon pour nous d’aller chercher une niche qui plaît à la clientèle d’aujourd’hui, explique le vigneron. Quand on vend, on met de l’avant qu’on est les plus vieux au Québec. Désormais, on peut aussi dire qu’on est [sous régie biologique] », ajoute celui qui a été embauché en 2016 par les actuels copropriétaires Steve Ringuet, Julie Tassé, Marc Colpron et Ginette Martin pour « redynamiser » le site dont les premières plantations datent de 1979 et pour actualiser les techniques de culture. Le processus de conversion vers le raisin biologique, lui, a été entamé il y a trois ans, après une conversion réussie du verger de pommes que détient aussi l’entreprise.

La conseillère en viticulture Gaëlle Dubé ne qualifie pas d’exploit la conversion du vignoble Côtes d’Ardoise, mais y voit le symbole d’un « virage » au Québec et d’un engouement grandissant, autant chez les vignerons que chez les consommateurs, pour les produits biologiques ou, du moins, pour une utilisation raisonnée des pesticides. « De vieux et gros producteurs comme eux qui font ce virage-là, ça ouvre une voie, croit-elle. Il y a une volonté de l’industrie d’aller vers une production plus raisonnée. Et c’est possible pour de gros vignobles de se diriger vers ça. Ç’en est la preuve », fait-elle valoir.

Au Conseil des vins du Québec (CVQ), on recense 19 vignobles sur 150 qui détiennent désormais une certification biologique. De ce nombre, huit l’ont obtenue entre 2018 et 2021. Par ailleurs, des 75 membres sondés sur le sujet par l’organisation récemment, 13 % ont mentionné être déjà certifiés, 13 % ont soutenu être en voie de l’être et 27 % ont manifesté leur volonté d’entreprendre le virage d’ici un à cinq ans. 

Production record en 2021

Pour le vignoble Côtes d’Ardoise, les vendanges se sont terminées le 8 octobre avec une production de raisins record, de 20 à 30 % supérieure à l’an passé, selon Henry-Alain Drocourt. Ce dernier associe en partie le phénomène à l’ajout de nouveaux plants ces dernières années dont le rendement est meilleur que les anciens. L’acquisition d’équipements, l’embauche de main-d’œuvre et l’ajout de toiles textiles pour la protection hivernale pèsent aussi dans la balance selon lui. La profitabilité de l’entreprise, par ailleurs, passe par la présence de ses vins en épicerie à l’année depuis cinq ans, alors qu’auparavant le vignoble ne vendait que des produits de saison en boutique. L’entreprise envisage également la commercialisation de quelques vins à la SAQ.

La récolte de raisins de 2021, indique M. Drocourt, servira à la fabrication de premiers vins biologiques en 2022, notamment à base de cépages riesling, chardonnay, gamay et gewurztraminer.