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La présence d’arbres dans les pâturages des animaux d’élevage est bénéfique sur plusieurs plans, concluent des études recensées dans un guide publié récemment par le CRAAQ. Photo : Archives/TCN

La présence d’arbres dans les pâturages des animaux d’élevage est bénéfique sur plusieurs plans, concluent des études recensées dans un guide publié récemment par le CRAAQ. Photo : Archives/TCN

Arbres et pâturage : « un beau mélange à faire »

André Vézina, spécialiste de l’agroforesterie et coauteur d’un guide d’aménagement des systèmes agroforestiers publié récemment par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), estime que sans nécessairement aller vers l’élevage en forêt, la plantation d’arbres dans les espaces de pâturage des animaux est « un beau mélange à faire ».

André Vézina

André Vézina

« Tant l’éleveur que ses animaux peuvent en tirer certains avantages », souligne le chercheur du centre collégial de transfert de technologie Biopterre. « Par une journée de canicule, les recherches montrent que le sylvopastoralisme [voir la définition en encadré] améliore grandement la santé des animaux, car la présence d’arbres procure de l’ombre, mais contribue également à abaisser la température », indique le chercheur. 

Cette présence d’arbres peut permettre une réduction des températures de 1 à 4 °C le jour, selon deux études réalisées en 2016 et en 2020, et qui sont citées dans le guide d’aménagement en agroforesterie du CRAAQ.

Productivité décuplée

Le guide auquel il a collaboré se réfère à une méta-analyse basée sur 22 études réalisées en régions tempérées pour avancer que la productivité des cultures était améliorée sur les espaces où était pratiqué le sylvopastoralisme. Par exemple, une recherche menée en 2020 aux États-Unis a démontré qu’une surface de 1 ha utilisée en sylvopastoralisme pouvait avoir, pour la production tant animale que fourragère, un rendement équivalent à celui obtenu sur une surface sans arbres d’environ 1,5 ha.

Cette plus grande productivité s’explique par divers facteurs, dont « l’enrichissement de la biodiversité des sols grâce à la présence d’arbres, mais également par une meilleure protection des cultures et des animaux contre les variations extrêmes de la météo », énumère M. Vézina.

Certains arbres à croissance rapide peuvent aussi être une source de revenus supplémentaires pour le producteur, ajoute-t-il, avec par exemple « la production de noix, la vente de bois, si on opte pour des frênes ou des chênes, ou avec la vente de crédits carbone ».

Pour les animaux en pâturage, il recommande toutefois une plantation d’arbres « pas trop serrée, car le pâturage a besoin de lumière ». 

Moins de maladies grâce aux arbres?

Dans ses recherches menées en agroforesterie, André Vézina dit avoir pu constater que dans les régions à forte densité d’élevage, comme en Beauce, les porcheries qui sont entourées d’arbres ont une moindre prévalence de maladies, comme le syndrome reproducteur et respiratoire porcin. « On peut supposer que les arbres aident à ralentir la propagation de maladies qui se propagent par aérosol », signale le chercheur.

Qu’est-ce que le sylvopastoralisme?

Le sylvopastoralisme est une pratique agroforestière qui vise la production de matière ligneuse (arbres) et de fourrages, ainsi que l’élevage de bétail et de volailles, en tirant avantage des interactions entre les différentes composantes du système. Le pâturage en milieu forestier est aussi une forme de sylvopastoralisme.

Source : Guide d’aménagement de systèmes agroforestiers


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Ce texte a été publié dans le cadre d’un dossier complet sur l’élevage en forêt paru dans La Terre de chez nous du 3 août 2022.