Alimentation 26 août 2014

Une législation devenue indéfendable

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« Les producteurs de lait du Québec auraient souhaité le maintien de la législation actuelle au sujet des succédanés et des mélanges de produits laitiers, a déclaré François Dumontier, porte-parole de leur fédération provinciale.

Mais selon les avis juridiques reçus, il serait à peu près impossible de la défendre en vertu de la nouvelle mouture de l’ACI adoptée en 2009. Nous devons donc choisir nos batailles. » M. Dumontier a ajouté « que l’impact de cette orientation est moins inquiétant dans le contexte actuel où les ventes de beurre se portent bien ».

À la Fédération, on entrevoit en effet un impact très limité des oléobeurres au Québec. Offerts depuis 40 ans dans les Maritimes, ces produits représentent 2,2 % des ventes en épicerie de matières grasses tartinables telles que beurre, margarine et oléobeurres. La proportion se chiffre à 0,6 % en Ontario où ces produits étaient partiellement autorisés depuis 2005 et le sont entièrement depuis 2011.

« La Fédération appuie par ailleurs la position du Québec qui défend, devant le groupe spécial, la réglementation sur l’étiquetage au sujet des succédanés et des mélanges laitiers afin d’éviter de tromper le consommateur », a poursuivi M. Dumontier.

Président-directeur général du Conseil des industriels laitiers du Québec (CILQ), Pierre Nadeau n’a pas été surpris du fait que la Saskatchewan attaque la réglementation québécoise sur les succédanés ni par le dépôt du projet de loi 56. « C’était une question de temps après que l’Ouest se soit opposé à la réglementation de l’Ontario sur les mélanges laitiers », a-t-il dit. Le CILQ a endossé, par solidarité, la position des producteurs de lait du Québec sur les succédanés et les mélanges laitiers durant les années 1970 et 1980.

« Mais nous n’avons jamais été aussi convaincus qu’eux que les succédanés enlevaient quelque chose aux produits laitiers. Nous sommes portés à penser que l’autorisation des succédanés et des mélanges, comme la tartinade de beurre, par exemple, sera à l’avantage de la production laitière. Le Québec pourrait même devenir un leader pour ces produits au Canada et pourquoi ne pas en vendre aux États-Unis? », a ajouté M. Nadeau avant d’indiquer que les succédanés devaient toutefois être clairement identifiés.

Porte-parole de l’opposition officielle en Agriculture, Stéphane Billette a dit préférer attendre les éclaircissements réclamés du gouvernement, sans succès jusqu’ici, avant de se prononcer sur ce projet de loi très technique.