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L’entreprise Volailles des Cantons, dirigée par Martin Dion, se spécialise dans l’élevage et la transformation de poulets sans antibiotiques. Photo : Gracieuseté de Volailles des Cantons

L’entreprise Volailles des Cantons, dirigée par Martin Dion, se spécialise dans l’élevage et la transformation de poulets sans antibiotiques. Photo : Gracieuseté de Volailles des Cantons

Un petit abattoir bloqué dans sa croissance

Le président de Volailles des Cantons, Martin Dion, déplore que le système de mise en marché du poulet ne laisse actuellement aucune possibilité de croissance pour les petits transformateurs.

L’entreprise de Roxton Pond en Montérégie, qui se spécialise dans l’élevage, l’abattage et la transformation de poulets élevés sans antibiotiques, exploite un marché distinct de celui dominé par Olymel et Exceldor, qui contrôlent à eux seuls 96 % de l’abattage de tout le poulet produit dans la province. À travers les années, M. Dion est parvenu à augmenter sa capacité d’abattage en rachetant des volumes d’approvisionnement garantis (VAG) de petits abattoirs qui ont fermé leurs portes. Le cumul de ces volumes, en plus de l’abattage à forfait, lui permet de faire fonctionner son abattoir trois jours par semaine.

Parallèlement, la demande pour le poulet sans antibiotiques augmente, rapporte-t-il. Des boucheries locales, de même que des restaurants comme Benny&Co sont parmi les acheteurs qui aimeraient en obtenir davantage.

Bloqué par la convention de mise en marché

Or, M. Dion s’est buté à un refus de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) après avoir déposé une demande pour ajouter à son volume d’abattage actuel un surplus de 55 000 kg par période. Dans sa décision rendue le 18 juin, la RMAAQ précise que selon les termes de la Convention de mise en marché du poulet, Volailles des Cantons répond à la catégorie « nouvel acheteur », où la limite supplémentaire permise par période est fixée à 50 000 kg. « Cette quantité [de 50 000 kg par période] représente environ une journée de plus d’abattage par mois », précise M. Dion, qui juge que ce volume autorisé est insuffisant pour faire croître son entreprise.

Il dit d’ailleurs avoir déposé cette demande à la Régie « comme une sorte de test » afin d’évaluer ses possibilités de développement. « J’ai demandé un volume juste un peu plus élevé que la limite permise [55 000 kg plutôt que 50 000 kg], car je ne voulais pas aller trop vite, explique-t-il. Mais la Régie a malgré tout appliqué sans souplesse le règlement de la Convention de mise en marché, ce qui montre que le système, tel qu’il est, empêche toute possibilité de croissance et de développement pour les petits abattoirs », regrette-t-il. À ses yeux, il est nécessaire de revoir les règles du jeu afin qu’elles soient équitables pour tous. « Les petits abattoirs veulent offrir plus de poulets pour diversifier l’offre, mais sont bloqués par des limites de volume. Il est temps de permettre l’émergence de nouveaux joueurs et une saine concurrence dans le secteur de l’abattage et de la transformation », plaide-t-il.