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Une première version d’un code de conduite de l’industrie de l’alimentation devrait être déposée d’ici la fin de l’année. Photo : Johanne Fournier

Une première version d’un code de conduite de l’industrie de l’alimentation devrait être déposée d’ici la fin de l’année. Photo : Johanne Fournier

Un code de conduite de l’industrie de l’alimentation bientôt connu

Depuis quelques mois, deux comités formés d’associations de manufacturiers et de producteurs ainsi que de grands détaillants de l’alimentation travaillent à l’élaboration d’un code de conduite pour mieux encadrer leurs pratiques commerciales. Une première version des résultats devrait être déposée d’ici la fin de l’année.

Le code de conduite vise à ce que la négociation entourant la vente des produits des fournisseurs aux grandes chaînes se fasse dans un cadre équitable. « L’objectif est de ­s’assurer que le consommateur canadien ou québécois ait des produits diversifiés et de qualité », résume le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), Patrice Léger Bourgoin. 

Au cours des 30 à 40 dernières années au Québec et au Canada, une importante consolidation du commerce de détail dans l’alimentation a contribué à la disparition de certaines chaînes nationales comme Steinberg et Dominion, qui ont été avalées par de grosses chaînes. Par conséquent, cinq gros joueurs se partagent autour de 80 % du marché ­national : Metro, Sobeys, Loblaw, Walmart et Costco. Ceux-ci font affaire avec des milliers de fournisseurs. Cette situation cause un débalancement dans le pouvoir de négociation. 

Le modèle de la Grande-Bretagne

Le contexte a forcé les ministres de l’Agriculture du Canada à créer un groupe de travail qui a déposé son rapport en juin 2021. Deux options en sont ressorties : l’élaboration d’un code de conduite volontaire ou l’imposition d’un code de conduite par les gouvernements. La première option a été retenue. 

Un tel code de conduite existe ailleurs dans le monde, notamment en Grande-Bretagne. « La structure politique en Grande-Bretagne ressemble à la nôtre, indique M. Léger Bourgoin, qui est membre du comité de travail ayant pour mandat d’élaborer le code de conduite. Quand on regarde les progrès pour assainir les relations, c’est un modèle à suivre. Le code de conduite se traduira par une façon de travailler ensemble pour discuter des préoccupations et des mécontentements que les fournisseurs et les détaillants peuvent avoir. »

Relations tendues

Selon le dirigeant de l’APMQ, les relations tendues entre les détaillants et les fournisseurs existent depuis ­longtemps. « La mondialisation du commerce a dépersonnalisé les ­relations. La négociation qui était amicale est devenue ­compétitive parce que le marché mondial l’exige. »

Les petits fournisseurs sont ainsi plus vulnérables. « Une petite ferme maraîchère familiale qui négocie avec les grandes chaînes, ce sont deux mondes différents, illustre M. Léger Bourgoin. Les grandes chaînes ont accès à des spécialistes, ce qu’une petite entreprise familiale n’a pas. » 

Il faut aussi tenir compte d’une particularité qui est propre aux produits frais. Par exemple, si les légumes racines peuvent être entreposés longtemps, ce n’est pas le cas d’une pomme de salade qui doit être vendue dans un court délai. « Le maraîcher est aux prises entre les volumes qu’il a et le négociateur sait qu’il n’a pas beaucoup de jours pour faire monter les prix, décrit le porte-parole de l’APMQ. Donc, il [le maraîcher] devient vulnérable. »