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Un centenaire qui n'a rien d'un canard boiteux!

Canards du Lac Brome, une entreprise de Knowlton, en Estrie, fête ses 100 ans cette année.

En soi, c’est déjà tout un exploit quand on considère le fort taux d’entreprises qui ne dépassent pas dix ans. Mais le mérite de l’entreprise va bien au-delà de sa longévité, car elle ne s’est pas contentée de survivre durant le dernier siècle. La progression de son chiffre d’affaires (207 %) depuis 20 ans témoigne d’un dynamisme et d’un savoir-faire hors du commun.

Ce fleuron à la renommée internationale met désormais en marché plus de deux millions de canards de Pékin (non gavés) par an, soit 100 fois plus qu’à ses débuts, et affiche des ventes de quelque 30 M$.

Chef de file canadien, Canards du Lac Brome l’est non seulement dans l’élevage, mais aussi dans la transformation et la mise en marché. « Nous sommes complètement intégrés, a signalé le président-directeur général Claude Trottier, le 16 mai. Nous possédons nos pondeuses, nos couvoirs, nos élevages corporatifs, auxquels s’ajoutent des élevages à forfait, et nous avons notre propre abattoir. »
L’entreprise offre déjà 31 produits transformés (précuits et prêts à manger) et 10 produits crus… et l’imagination est toujours fertile! Le lancement de demi-poitrines (marinées aux oranges confites et aux trois poivres ainsi que désossées BBQ hickory) en témoigne.

Tour de force

Le PDG explique que « le succès remporté par Canards du Lac Brome découle d’abord de la vision des propriétaires et des actionnaires, ainsi que de leur capacité à s’adapter au marché et aux besoins de la clientèle ». Qu’on en juge.

L’entreprise a réussi le tour de force de se réorienter complètement et de démocratiser cette viande de spécialité qui, au départ, était prisée de l’aristocratie et des Asiatiques. Durant ses 80 premières années, Canards du Lac Brome s’est surtout concentrée sur la demande des quartiers chinois du Canada et des États-Unis et de la restauration haut de gamme des grandes capitales du monde. L’arrivée du Sherbrookois Claude Trottier à la direction générale, au début des années 1990, se traduira par un virage majeur axé sur la recherche et le développement touchant la génétique, les méthodes d’élevage et l’alimentation.

Ayant flairé l’engouement pour les viandes de spécialité, Canards du Lac Brome va lancer sa première gamme de produits transformés (pâtés et rillettes en conserve, canards en découpes et saucisses) grâce à une batterie de spécialistes. Le marché québécois, jusque-là parent pauvre des ventes, devient son débouché principal, tandis que les exportations – principalement vers les États-Unis et le Japon – fournissent environ 20 % du chiffre d’affaires. Canards du Lac Brome contribue largement à l’économie de la région grâce à ses 200 employés « passionnés et fidèles », mais aussi grâce aux affaires qu’elle entretient avec une centaine de fournisseurs locaux. Les meuneries doivent bien aimer cette entreprise qui a besoin de 300 à 400 tonnes de nourriture (maïs, soya, blé) par semaine pour ses élevages! Un gain de poids quotidien amélioré et une viande plus maigre ont aidé à faire face à la forte volatilité du prix des céréales, reconnaît le PDG.

L’idée de choisir la région du lac Brome pour élever des canards de Pékin, en 1912, revient à l’Américain Henri Bates. L’entreprise est maintenant la propriété de Mario Côté, une figure connue de l’agriculture québécoise, et de Joe Jurgielewicz, vétérinaire et éleveur de canards de Pékin aux États-Unis.