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Dans la boutique de la petite ferme laitière Clover Mead, les clients peuvent soit payer comptant en prenant eux-mêmes leur change dans le tiroir-caisse ou régler avec leur carte de crédit. Photo : Martin Ménard/TCN

Dans la boutique de la petite ferme laitière Clover Mead, les clients peuvent soit payer comptant en prenant eux-mêmes leur change dans le tiroir-caisse ou régler avec leur carte de crédit. Photo : Martin Ménard/TCN

Souvenirs agricoles des États-Unis

ÉTAT DE NEW YORK – De passage pendant quelques jours dans l’État de New York cet été, La Terre a ramené dans ses bagages quelques cartes postales du milieu agroalimentaire américain.

D’abord, dans la municipalité de Keeseville, la ferme laitière Clover Mead Farm vend du lait, du yogourt et du fromage dans une boutique à la ferme également aménagée pour y prendre un café. La surprise? Il n’y a souvent personne pour servir ou faire payer : une affiche laisse les instructions pour que le client fasse tout lui-même! En effet, les propriétaires de cet élevage de 26 vaches en lactation ont décidé de créer un concept de vente libre-service de tous leurs produits afin d’ouvrir le kiosque 12 heures par jour, presque 365 jours par année. La particularité du système libre-service de la ferme Clover Mead concerne cette possibilité pour les clients de payer par eux-mêmes avec leur carte de crédit.

Pour ce faire, les agriculteurs américains ont expliqué à La Terre qu’ils utilisent depuis environ six ans un système informatique simple misant sur une tablette iPad connectée au logiciel Square. Les clients cliquent à l’écran sur les icônes des produits qu’ils achètent, par exemple un pot de yogourt et deux fromages, et payent ensuite avec leur carte. « Le iPad a une fonction permettant de rendre des parties de l’écran inutilisables s’il est en mode verrouillé. Le verrouillage de certaines parties de l’écran empêche quiconque d’accéder accidentellement (ou volontairement!) aux paramètres ou aux différentes applications de notre iPad », précise le copropriétaire Steven Googin. Il dit que sa ferme est de trop petite taille pour obtenir un contrat avec un transformateur, d’où la nécessité de transformer lui-même le lait de ses vaches et d’opter pour une structure à faible coût pour vendre ses produits.

Du lait cru offert aux consommateurs

Fait intéressant, la ferme Clover Mead vend du lait entier non pasteurisé. « Dans l’État de New York, les fermes doivent demander au gouvernement une licence pour vendre du lait cru. Je crois qu’il y a environ 40 à 50 fermes dans l’État qui y sont autorisées. Nous sommes tous assujettis à des prélèvements mensuels de lait et à des inspections de nos installations effectuées par un inspecteur d’État », indique l’agriculteur Steven Googin.   


Des saucisses rouges

Photo : Martin Ménard/TCN

Photo : Martin Ménard/TCN

Un boucher américain faisait remarquer à La Terre que le meilleur vendeur de tout son comptoir des viandes était sans contredit ces étonnantes saucisses rouges pimpantes, qui se retrouvent par ailleurs dans les épiceries d’autres États voisins, dont le Maine. Selon le boucher new-yorkais, ces saucisses sont essentiellement faites à base de porc et contiennent les mêmes ingrédients que les saucisses brunes. Leur succès repose simplement sur un ingrédient secret : de la couleur rouge artificiellement ajoutée.  « C’est du marketing », résume le boucher avec le sourire. 


Un jeu de mots qui beurre fort

Photo : Martin Ménard/TCN

Photo : Martin Ménard/TCN

Le libre commerce légendaire des Américains et leur marketing se reflètent dans la section des margarines où un produit se démarque par son nom paradoxal : I can’t believe it’s not BUTTER! Si on traduit, cette margarine se nomme Je ne peux pas croire que ce n’est pas du BEURRE. Le mot beurre est en gros, les couleurs jaunes de l’emballage rappellent le produit concurrent. La compagnie pousse même l’audace en indiquant que cette margarine contient « une délicieuse saveur de beurre » avec 40 % moins de calories et plus d’Omega-3 ALA par portion que le beurre… laitier! 


Du lait sans hormones de croissance

Photo : Martin Ménard/TCN

Photo : Martin Ménard/TCN

Plusieurs personnes au Canada dénoncent depuis longtemps l’utilisation des hormones de croissance artificielles chez les vaches américaines afin d’accroître leur production de lait, une pratique défendue au Canada. Or, sur les étals de plusieurs épiceries de l’État de New York, des contenants de lait affichent la mention No added growth hormone.

Une mention semblable est visible chez Wal-Mart, qui avait par ailleurs annoncé en 2008 que son lait Great Value proviendrait de fermes qui n’emploient pas les hormones de croissance artificielles. Un agriculteur du Vermont, Bill Rowell, explique à La Terre que l’utilisation des hormones artificielles est de l’histoire ancienne et que cette pratique est maintenant découragée par les acheteurs afin de ne pas créer une image défavorable du lait auprès des consommateurs. Les acheteurs peuvent tester le lait à cet effet, ajoute-t-il. 


Le patriotisme américain colore les campagnes de façon frappante. Dans certaines municipalités, comme Chesterfield, des photos des « héros locaux », soit des militaires ou ex-militaires provenant de la municipalité, sont exposées sur pratiquement chaque poteau électrique.

Photo : Martin Ménard/TCN

Photo : Martin Ménard/TCN