fbpx
Charles Ouellet-Bernier dans la salle de transformation alimentaire d’Entomo DSP. Photos : Gracieuseté d’Entomo DSP

Charles Ouellet-Bernier dans la salle de transformation alimentaire d’Entomo DSP. Photos : Gracieuseté d’Entomo DSP

Pionniers dans l’élevage de grillons à grande échelle au Québec

RIMOUSKI — L’élevage de grillons est en expansion au Québec alors que deux entreprises ont atteint l’étape de la production à grande échelle : Entomo DSP, de Saint-Pascal au Bas-Saint-Laurent, et Alimentomo, de Marieville en Montérégie.

La production à grande échelle signifie une production annuelle de six tonnes de poudre de grillons. L’entreprise Entomo DSP a été la première à se lancer. En 2017, deux amis du secondaire, Maxime Dionne et Antoine St-Pierre, ont décidé de lancer leur entreprise. Le premier était formé en administration profil entrepreneurial et le second, en chimie. « On voulait créer notre entreprise dans le domaine bioalimentaire. Nous avons regardé les tendances du marché mondial et nous avons opté pour les insectes. La consommation d’insectes est en hausse partout dans le monde et on voulait offrir aux Québécois des produits de première qualité respectant des normes d’élevage et de transformation alimentaire de premier plan », raconte M. Dionne.

Grillons élevés à Saint-Pascal, au Kamouraska.

Grillons élevés à Saint-Pascal, au Kamouraska.

La première phase a consisté à faire des expérimentations. « On a dû faire beaucoup de tests, car il y a beaucoup de secrets industriels dans ce domaine, donc peu de littérature disponible pour une entreprise en démarrage », précise le président de l’entreprise.

Rapidement, Charles Ouellet-Bernier, un autre ami, s’est joint aux actionnaires de l’entreprise. Les essais ont été concluants et le marché a pu commencer à se développer. « Nous avons d’abord visé le marché des transformateurs et des restaurateurs, car nous estimions que l’introduction d’un nouveau type d’alimentation passait par là. Nous avons pris le risque et foncé tête première », relate M. Dionne.

Rendements satisfaisants

Aujourd’hui, les principaux défis liés au démarrage de l’entreprise ont été surmontés. « Nos rendements sont très bons sur notre module d’élevage de 6 000 pieds carrés divisés en 20 enclos. Nous produisons une poudre de grillons en quantité suffisante pour répondre à la demande actuelle du Québec et même davantage. Nous sommes à cheval entre la phase de démarrage et la phase deux de notre projet, soit l’expansion de notre marché. Nous distribuons maintenant partout au Québec et nous avons eu des offres à l’extérieur de la province et du pays pour notre poudre de grillons. » 

Une nouvelle association

En août 2019, la défunte Fédération des producteurs d’insectes comestibles du Québec a cédé sa place à l’Association des éleveurs et transformateurs d’insectes du Québec (AÉTIQ). « Le rôle d’une association était plus représentatif de ce que les membres fondateurs souhaitaient faire, soit de favoriser les contacts entre les membres et de mettre à leur disposition des outils dans le but de promouvoir l’industrie au Québec », indique son président Jérôme Fortin, qui n’exclut toutefois pas le retour d’une fédération. L’association compte neuf membres pour l’instant.

Selon M. Fortin, la perception des consommateurs a beaucoup évolué depuis quatre ans. « Au début, les gens étaient plus réfractaires. Aujourd’hui, on sent une meilleure réceptivité et c’est intéressant que la production se développe en même temps. L’offre se diversifie et les financiers sont aussi plus ouverts à investir dans le domaine. »

La poudre de grillons en bref

La poudre de grillons est fine et possède un goût très subtil avec certains arômes de cacao ou même de noisettes grillées, ce qui la rend facilement intégrable dans un grand nombre de recettes. Elle est riche en ­oméga-3, en oméga-6 et en calcium. « La poudre de grillons permet d’enrichir une majorité de recettes comportant de la farine conventionnelle sans en changer la texture ou le goût. On peut remplacer jusqu’à 25 % de la farine par de la poudre de grillon », souligne le président d’Entomo DSP, Maxime Dionne. 

Alexandre D’Astous, collaboration spéciale