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Les marchands IGA retirent aux vins du Québec l’emplacement qui leur était réservé pour les confiner à un espace plus restreint. Photo : Archives TCN

Les marchands IGA retirent aux vins du Québec l’emplacement qui leur était réservé pour les confiner à un espace plus restreint. Photo : Archives TCN

Moins d’espace pour les vins du Québec chez IGA

Deux ans après l’entrée des vins québécois en épicerie, les marchands IGA leur retirent l’emplacement qui leur était réservé pour les confiner à un espace plus restreint. Cette décision, qui consterne les producteurs, coïncide avec une mise en valeur des vins importés en vrac par l’entreprise québécoise Julia Wine.

Les viticulteurs québécois qui font affaire avec IGA ont reçu des courriels à la mi-octobre pour les aviser de ce changement. « La décision a été prise de retirer les vins du Québec, ainsi qu’un grand nombre de vins importés pour faire place à notre nouvelle section Espace Découvertes », peut-on lire dans un premier message. On précise toutefois que les produits ne sont pas « délistés » et qu’un petit meuble en bois sera mis à leur disposition pour commercialiser les vins du Québec. « Comme il s’agit de produits en livraison directe, vous pouvez voir directement avec le magasin où il est possible de positionner vos produits », souligne-t-on.

Consternation

Daniel Lalande, propriétaire du Vignoble La Cantina, Vallée d’Oka, dans les Basses-Laurentides, considère que cette décision d’affaires est cavalière, étant donné le bon roulement de sa récente gamme de vins développée spécifiquement pour les épiceries. Cette année, c’est plus de 2 200 caisses sur les 3 000 destinées aux épiceries IGA et Metro de la province qui ont déjà été vendues, indique le vigneron.

Francis-Hugues Lavoie, copropriétaire du Domaine De Lavoie, à Rougemont, en Montérégie, déplore cette décision des dirigeants d’IGA qui, selon lui, va à l’encontre de leur stratégie marketing. « Ils aiment bien mettre de l’avant le fait qu’ils font la promotion des produits locaux. Mais là, on dirait qu’ils sont partis pour retirer les vins du Québec des tablettes », s’insurge le vigneron. Ce dernier sent toutefois l’appui des marchands propriétaires pour continuer à valoriser ses produits.

Plusieurs viticulteurs interrogés par La Terre ont refusé d’être identifiés par crainte de représailles de la part d’IGA. Ils déplorent toutefois l’insuffisance de l’espace qui leur est dorénavant accordé et la façon dont ils ont été informés de la décision, c’est-à-dire sans être consultés. Certains anticipent déjà une baisse significative de leurs ventes en magasin. « Sachant bien qu’il y a peu d’espace [dans le nouveau présentoir], il va falloir jouer du coude entre vignerons, et ce n’est vraiment pas le fun », regrette l’un d’entre eux.

Dans d’autres rayons

Interrogée par La Terre, la conseillère principale aux communications chez Sobeys Québec, Anne-Hélène Lavoie, a indiqué que les nouveaux meubles en bois désignant les vins du Québec pourront être placés dans d’autres rayons, comme celui de la poissonnerie, par exemple. « Les gens ont de la difficulté à les identifier [les vins du Québec]. Les présentoirs sont plus petits qu’avant, mais la visibilité sera là », estime-t-elle. Cette nouvelle stratégie sera évaluée au cours des prochaines semaines par l’entreprise.

Nouveau gros joueur

En novembre 2018, IGA a signé une entente d’exclusivité pour une sélection des vins de Julia Wine. Cette entreprise, qui s’était désaffiliée au même moment de Couche-Tard, commercialise encore ses produits dans les magasins Costco. Anne-Hélène Lavoie, de Sobeys Québec, admet que la nouvelle configuration du rayon des vins a été « repensée pour les mettre de l’avant [les vins de Julia Wine] ». Selon la porte-parole, cette stratégie ne visait pas à « mettre à part » les bouteilles du Québec, qui constituent cependant qu’une « petite partie » de la catégorie des vins.