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L’usine de croustilles Old Dutch fermera ses portes

Une usine qui produisait des croustilles de pommes de terre depuis 1964 à Montréal cessera ses activités le 27 septembre prochain.

La compagnie Old Dutch, propriétaire des lieux, a annoncé la nouvelle le 7 mai dernier à ses 216 employés, dont plusieurs comptent plus de 25 ans d’ancienneté.

Elle justifie sa décision par l’état de ses infrastructures, qui ont atteint leur fin de vie utile. Les rénover s’avérait non rentable.

Pour plusieurs observateurs, cette stratégie de fermeture s’explique surtout par le transfert de la production dans l’usine de Hartland, au Nouveau-Brunswick, dont l’agrandissement et les rénovations récentes auraient été grandement facilités par un prêt de 15 millions de dollars consenti par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

D’autres avancent que le système de mise en marché du Québec irritait la compagnie Old Dutch. « Il y avait effectivement un froid lors de nos premières rencontres avec Old Dutch. Ils croyaient qu’on leur vendait les pommes de terre plus cher qu’à l’entreprise québécoise Yum-Yum, ce qui était faux. Mais le facteur culturel constitue peut-être l’une des raisons de leur départ. Sauf qu’à mon avis, la fermeture est simplement reliée à une décision économique : la désuétude de l’usine, et la grande valeur du terrain où elle se trouve à Montréal. Aussi, est-ce que leurs volumes de ventes au Québec justifiaient de maintenir une usine ici? » avance Clément Lalancette, directeur à la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec.

Ce dernier déplore l’absence de tentatives pour relancer l’usine : « Ils ne nous ont jamais invités à contribuer à un projet de relance. C’est dommage de voir une usine fermer ainsi. »

Conséquences pour les agriculteurs québécois

« Le choc, on l’a eu l’an passé », exprime Annie Berger, économiste à la Fédération. Elle explique que la compagnie Old Dutch a annoncé à l’été 2012 qu’elle n’achèterait plus de pommes de terre pour son usine québécoise.

Les producteurs d’ici ont indubitablement enregistré des pertes de volume. Le Groupe Gosselin avait l’habitude de livrer des quantités importantes à l’usine de Montréal, et ce, depuis près de 40 ans. « Dans ses belles années, cette usine achetait de 700 000 à 800 000 quintaux (un quintal = 100 lb) de pommes de terre. Nous avions un bon pourcentage de ce volume. La fermeture a évidemment eu un impact », se désole Pierre Gosselin.

Ce dernier convient que l’entreprise a dû adapter son modèle d’affaires afin de trouver de nouveaux débouchés. « Nous investissons en recherche et en développement pour diminuer nos coûts de production et pour offrir des produits qui nous permettent de nous démarquer. Nous peaufinons aussi une expertise dans le transport afin de réduire nos frais de livraison. D’ailleurs, l’usine de Old Dutch au Nouveau-Brunswick est l’un de nos clients, et nous comptons y accroître nos volumes », précise-t-il.

Deux usines produisent encore des croustilles au Québec, soit celle de Frito Lay à Lévis et celle de Yum-Yum à Warwick.