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Lors de la rencontre bilan de la Politique bioalimentaire québécoise, la ministre Bibeau a rappelé que 45 000 personnes avaient participé aux consultations menant à la rédaction de la Politique fédérale en 2017. Photo : Myriam Laplante El Haïli

Lors de la rencontre bilan de la Politique bioalimentaire québécoise, la ministre Bibeau a rappelé que 45 000 personnes avaient participé aux consultations menant à la rédaction de la Politique fédérale en 2017. Photo : Myriam Laplante El Haïli

La Politique alimentaire fédérale dévoilée

La Terre a appris en exclusivité que la nouvelle Politique alimentaire dévoilée aujourd’hui à Montréal par la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, comprendra cinq programmes dotés d’une enveloppe de 134,4 M$ sur cinq ans, mais que les producteurs ne pourront y appliquer directement.

« Elle vise à rendre la nourriture saine, nutritive et culturellement diversifiée plus accessible aux différentes communautés », a indiqué la ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, en entrevue à La Terre.

Sauf pour un programme dédié à la promotion des aliments canadiens, les enveloppes budgétaires accompagnant les cinq nouveaux programmes annoncés ne sont pas directement attribuées aux producteurs. « Les producteurs sont un peu partout à travers les volets [de la Politique], sans que ce soit des programmes sur lesquels ils pourront directement appliquer pour demander du financement », a admis Marie-Claude Bibeau.

Le dernier budget prévoyait une enveloppe 134,4 M$ sur cinq ans pour la mise en œuvre de la Politique alimentaire fédérale.

« Pour moi, c’est important qu’il y ait un volet permettant d’informer encore plus les Canadiens sur la provenance des aliments et le travail des producteurs afin de renforcer le lien de confiance et l’élément de fierté par rapport à nos produits canadiens, mais à nos producteurs aussi », a souligné Mme Bibeau. Ce programme se voit octroyer une somme de 25 M$.  

La ministre a annoncé la création d’un fonds pour les infrastructures alimentaires de 50 M$ attribuable aux banques alimentaires, aux marchés publics et aux autres initiatives issues de la communauté qui visent à rendre les denrées locales plus accessibles. Ce programme se déploiera en deux volets : l’un concernant les plus petites organisations intéressées, par exemple, à l’achat d’équipement, et l’autre pour encourager les initiatives des plus grandes communautés par le biais de projets réunissant plusieurs partenaires. « Ce ne sont pas les producteurs qui pourront faire des demandes de financement, mais ils sont partie prenante des marchés publics et quand on parle de développer des modèles, on veut […] rendre plus accessibles les aliments locaux aussi. Donc, les agriculteurs vont être interpellés pour être des partenaires là-dedans », a expliqué la ministre.

En vertu de ce programme, une enveloppe de 15 M$ supplémentaire sera spécifiquement allouée aux communautés nordiques isolées, notamment pour la construction d’infrastructures telles que des serres.

Alimentation dans les écoles

La ministre lance également une consultation pour le programme national d’alimentation dans les écoles. « J’imagine aussi que les producteurs pourraient être des partenaires dans ce programme, parce que ce qu’on veut, c’est qu’il y ait de la mobilisation dans chacune des régions et qu’on puisse permettre aux jeunes de goûter ce qui vient de chez eux et de savoir d’où ça vient et comment ça a été produit », poursuit-elle.

La Politique vise également la diminution du gaspillage et de la fraude alimentaires. Grâce à une enveloppe de 26,3 M$ offerte aux détaillants en alimentation et aux restaurateurs, le gaspillage sera réduit, croit la ministre.

Cette dernière dit ne pas avoir d’inquiétude à propos des produits sur nos tablettes, mais des problèmes liés à l’étiquetage surviennent. Grâce à une somme de 24,4 M$, l’Agence canadienne d’inspection des aliments aura le mandat de resserrer les suivis.