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Pour faire une bouteille de 750 ml de vodka, il faut de 10 à 18 livres de pommes de terre. Photo : Gracieuseté de Patates Dolbec

Pour faire une bouteille de 750 ml de vodka, il faut de 10 à 18 livres de pommes de terre. Photo : Gracieuseté de Patates Dolbec

Les moches de Patates Dolbec converties en vodka

Des pommes de terre moches, un ancien entrepôt, deux couples de passionnés et une quête incessante de nouveaux projets : il n’en fallait pas davantage pour qu’Ubald Distillerie voie le jour. En valorisant ses tubercules déclassés, Patates Dolbec procure la matière nécessaire à la première vodka québécoise du genre.

En attendant son arrivée dans les succursales de la SAQ le printemps prochain, prévoit-on, le produit initial de la gamme Route 363 a été dévoilé à l’occasion du festival Spiritueux Québec qui s’est tenu en mode virtuel le 20 décembre. Le nom choisi fait référence à la voie qui relie, dans la région de Portneuf, les villages où sont localisées les terres cultivées par l’entreprise et les trois alambics de la distillerie.

« Nous sommes vraiment des pionniers dans la province. Cette vodka à base de pommes de terre sera entièrement fabriquée à l’intérieur de nos installations, des champs jusqu’à la bouteille », lance la directrice du marketing et de l’amélioration continue chez Patates Dolbec, Josée Petitclerc. Dans le projet d’Ubald Distillerie, celle-ci est associée à son conjoint Stéphan Dolbec et à deux autres partenaires.

Le projet est sur la planche à dessin depuis deux ans. Il aura fallu y investir 2,5 M$. Sa concrétisation émane non seulement de l’esprit créatif des Dolbec-Petitclerc, mais aussi des voyages et des cours suivis par Hugo D’Astous et Pascale Vaillancourt. Véritables passionnés de spiritueux, ils ont parcouru la planète afin de déguster différents alcools et d’améliorer leurs connaissances.

Économie circulaire

« Nous avons tous très hâte de voir la réponse des consommateurs, mentionne Mme Petitclerc. La production de vodka permet d’utiliser les pommes de terre pour lesquelles il n’y a aucun marché et offre un autre avantage de taille. La drêche qui résulte du processus sera par la suite étendue dans nos champs pour les enrichir et servira à alimenter les animaux. Il s’agit ici d’économie circulaire. »

Le plus gros producteur de pommes de terre de l’est du Canada ne compte pas s’arrêter là. Ubald Distillerie vise à mettre en marché du gin et du whisky à partir de céréales. Rotation des cultures oblige, la récolte des tubercules est suivie par deux ans de céréales ou d’engrais vert. On souhaite également, en 2021, ouvrir une boutique où le public pourra goûter et se procurer les alcools de l’entreprise.