L’abolition du tarif douanier de 26,5 % ouvre toute grande la porte aux importations de viande de veau en provenance d’Europe. Crédit photo : Archives/TCN

L’abolition du tarif douanier de 26,5 % ouvre toute grande la porte aux importations de viande de veau en provenance d’Europe. Crédit photo : Archives/TCN

Les Hollandais débarquent

Les transformateurs de veaux du Québec voient d’un mauvais œil l’arrivée sur le marché canadien de viande européenne. Ces importations croissent d’ailleurs de mois en mois.

L’accord de libre-échange avec l’Union européenne a aboli le tarif de 26,5 % imposé sur le veau du Vieux Continent. « Depuis septembre dernier, les Européens se mettent en place », remarque Alex Fontaine, président-directeur général de Montpak, le plus important transformateur de veaux en Amérique du Nord. La présence d’un kiosque du Veau de tradition européenne au récent Salon international de l’alimentation (SIAL) de Montréal n’est pas passée inaperçue. Les représentants de ces « Saveurs de Hollande » y vantaient le veau « le plus sécuritaire et de la plus haute qualité au monde ». Contacté par La Terre, le directeur des affaires internationales à l’Association néerlandaise de l’industrie de la viande, Frans Van Dongen, s’est fait rassurant.

« Les producteurs du Canada et du Québec ne devraient pas avoir peur. Nous ne sommes pas ici pour prendre d’assaut leur marché », affirme-t-il. M. Van Dongen se désole de la publicité négative entourant l’arrivée du veau européen au Canada, dont il a pris connaissance. « Le commerce, c’est toujours du donnant-donnant. Nos producteurs de bœuf sont très mécontents de l’accès de 50 000 tonnes accordées au Canada », fait-il remarquer.

Explosion

Les plus récentes données de Statistique Canada révèlent que les importations de veaux des Pays-Bas affichent une croissance de 526 % pour les quatre premiers mois de l’année par rapport à 2017. Cette viande se retrouve principalement dans les services alimentaires.

Certaines coupes importées se détaillent de 25 à 30 % moins cher, un écart « majeur dans notre industrie, explique Alex Fontaine. Notre veau de lait est supérieur au produit hollandais, mais sur le prix, ça dérange ». Le PDG de Montpak aimerait pouvoir compétitionner « à armes égales » avec les Européens. Ces derniers ont accès à un plus large éventail de médicaments, et ce, à coût inférieur. De plus, ils bénéficient d’un soutien accru de leur gouvernement pour la promotion sur les marchés d’exportation, dénonce M. Fontaine.

Dans sa campagne promotionnelle, le Veau du Québec mise sur son aspect local afin de se distinguer de cette nouvelle compétition.