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Les consommateurs n'aiment pas les « surprises »

Tout le secteur agroalimentaire, les éleveurs en tête, doit faire preuve de transparence, comme le démontre un récent « scandale » dans l’industrie du bœuf aux États-Unis.

Depuis quelques mois, nos voisins sont secoués par le scandale alimentaire du pink slime, ou glu rose. Ce produit, qui est en fait de la viande finement texturée, provient de l’extraction mécanique de fibres musculaires attachées à la graisse. Pour les grands abattoirs, ne pas récupérer cette glu équivaut à jeter quotidiennement aux ordures un chargement complet de bovins.

Donc, pour extraire cette protéine, les abattoirs utilisent la centrifugation et de faibles quantités d’hydroxyde d’ammonium afin d’éviter la contamination bactérienne. « Ça semble terrible, mais c’est totalement sécuritaire », a expliqué Temple Grandin, spécialiste du bien-être animal.

Tout récemment en visite au Québec, la scientifique a expliqué les dessous de cet épisode noir de l’industrie américaine de la viande. « Ce produit est sur le marché depuis 20 ans. La raison pour laquelle il y a soudainement un problème, c’est que les consommateurs n’aiment pas avoir de surprise », a-t-elle résumé.

Grâce au blogue d’une maman américaine qui est devenu viral dans Internet, des millions de consommateurs ont découvert que le bœuf haché peut contenir des ingrédients qui ne sont pas de la viande hachée, même si c’est du bœuf à 100 %, a illustré Temple Grandin.

Par suite de la pression populaire, trois usines de fabrication de viande finement texturée ont été fermées, et le département de l’Agriculture des États-Unis a dû modifier son programme de repas scolaires afin d’y inclure du bœuf haché exempt de pink slime.

Pour Temple Grandin, l’industrie a très mal géré la situation. « Les dirigeants des entreprises de fabrication auraient dû aller à la télé, diffuser une vidéo démontrant la fabrication du produit et montrer une image d’un chargement complet de bovins en disant : ‘‘Et si nous jetions aux ordures toute cette viande tous les jours?’’ » a terminé la professeure d’université.