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Le vin de glace québécois est menacé

Une proposition de règlement de l’ACIA pourrait mettre en péril l’appellation «vin de glace» pour les vignobles québécois.

La proposition de modification règlementaire, qui fait l’objet d’une période de commentaire jusqu’au 14 février, stipule que le « vin de glace » qui est exporté devra être fait « uniquement à partir de raisins gelés naturellement sur la vigne ».

Or, le vin de glace québécois est fabriqué à partir de raisin qui est récolté après le début de la période de dormance des vignes et qui est conservé dans des filets qui sont fixés sur les vignes jusqu’à la mi-décembre ou la mi-janvier. Cette stratégie est nécessaire à cause des accumulations de neige et du buttage des vignes qui rendraient une partie du raisin inaccessible en hiver. Ensuite, le raisin perd environ 40 % de son poids par l’assèchement naturel.

Selon l’Association des vignerons du Québec (AVQ), il n’y a « pas de différence objective » entre du raisin gelé sur la vigne et du raisin gelé dans un filet qui est accroché sur la vigne. Le président de l’AVQ, Charles-Henri de Coussergues, fait valoir que la majorité des producteurs ontariens utilisent eux aussi des filets pour la protection contre les oiseaux et que les trois quarts des raisins qui servent au vin de glace est de toute façon récupéré dans ces filets. « Ce qui est bon pour nous devrait être bon pour eux », estime le président de l’AVQ, qui pense que si on exclut le raisin en filet au Québec de la définition du vin de glace, il faudrait faire de même en Ontario.

M. de Coussergues n’est cependant pas certain que la définition du vin de glace citée plus haut exclut le vin de glace québécois puisque les filets sont effectivement « sur la vigne ». Une réunion de plusieurs instances québécoises (MAPAQ, SAQ, MDEIE, AVQ et CARTV) a eu lieu le 17 janvier afin de tenter de clarifier le sens précis de la proposition fédérale qui a surpris l’ensemble des intervenants québécois. La Terre n’a pas été en mesure de préciser le tout avec l’ACIA au moment de publier.

Ce qui est certain, c’est que les vignerons du Québec craignent un coup de Jarnac de leurs concurrents ontariens. Ces derniers vivent actuellement une surproduction et des difficultés climatiques qui rendent sans doute les vignerons plus nerveux. L’AVQ estime aussi que la victoire de certains vins de glace québécois dans quelques concours internationaux a été mal acceptée par des producteurs ontariens. Or, si le vin de glace québécois ne peut plus porter ce nom à l’étranger, il serait de facto impossible de participer aux concours internationaux. Pour le moment, les exportations québécoises de vin de glace sont marginales en comparaison de l’Ontario. Plusieurs vignerons projettent toutefois d’exporter davantage de vin de glace au cours des prochaines années.