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Pour le fondateur de Beyond Meat, Ethan Brown, l’agriculture doit passer de la production de viande à base d’animaux à celle d’une viande végétale. Photo : Julie Mercier/TCN

Pour le fondateur de Beyond Meat, Ethan Brown, l’agriculture doit passer de la production de viande à base d’animaux à celle d’une viande végétale. Photo : Julie Mercier/TCN

Le fondateur de Beyond Meat plaide pour une révolution protéique

MONTRÉAL — Ethan Brown, le fondateur et chef de la direction de Beyond Meat qui met en marché une galette de protéines végétales tentant d’imiter la chair animale, invite les agriculteurs canadiens à rediriger leurs cultures vers la fabrication de substituts végétaux à la viande plutôt que de les utiliser pour engraisser les bêtes d’élevage.

L’homme d’affaires a pris la parole dans le cadre du Forum économique internationale des Amériques – Conférence de Montréal, en cours jusqu’au 13 juin. Selon lui, les éleveurs ne doivent pas voir l’arrivée de la « viande » végétale comme une menace. « C’est l’une des plus grandes opportunités pour l’agriculture, qui donnera l’étincelle à une nouvelle ère de productivité. Le Canada est en excellente position pour capitaliser là-dessus », a lancé

Ethan Brown, qui s’est ainsi donné la mission d’enlever les animaux d’élevage de la chaîne alimentaire.

Au siège social de Beyond Meat en Californie, des scientifiques et des ingénieurs s’affairent à reconstruire « l’architecture de la viande » et sa composition en utilisant des protéines végétales. « Ça va prendre encore plusieurs années pour atteindre la perfection, mais il n’y a aucun obstacle pour nous empêcher de construire une pièce de viande à partir des plantes », a affirmé celui dont le père enseigne à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill. D’ici cinq ans, Beyond Meat espère pouvoir vendre son produit sous le prix de la viande.

Réactions

Ethan Brown partageait l’estrade avec le chef de la technologie chez Cargill, Florian Schattenmann. Bien que le géant de la viande ait investi dans des entreprises qui développent des produits de remplacement à l’élevage, Cargill mise toujours sur les protéines animales pour satisfaire l’augmentation de 70 % de la consommation de protéines prévue d’ici 2050. La multinationale préfère se positionner en faveur d’un élevage plus durable et efficace.

Certains transformateurs se montrent critiques face à la meilleure acceptabilité sociale des protéines végétales. « Si vous regardez la liste des ingrédients de ces produits-là, c’est exécrable, a indiqué Lise Gagnon, vice-présidente au marketing, à la recherche et au développement chez Olymel, lors d’un atelier tenu après l’allocution de M. Brown. Pendant que la transformation de la viande fait des efforts pour réduire son nombre d’ingrédients, on voit apparaître dans cette industrie [des protéines végétales] des produits avec des ingrédients qui sont déjà bannis pour nous », a-t-elle souligné.

Plus de détails à venir dans La Terre de chez nous.