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Photomontage: Judith Boivin-Robert/TCN

Photomontage: Judith Boivin-Robert/TCN

La promesse des contenants maison

Le mouvement zéro déchet vient de franchir une étape importante : les supermarchés Metro accepteront désormais les contenants réutilisables de leurs clients. Un peu partout au Québec, des producteurs et des transformateurs locaux offrent aussi des solutions aux consommateurs souhaitant réduire leurs déchets à la source. Des embûches se dressent par contre sur leur chemin.

La Boucherie des Praz, de Rouyn-Noranda, a été littéralement propulsée dans le zéro déchet en février dernier.

En Abitibi, la copropriétaire de la Boucherie des Praz, Christel Groux, a attiré de nouveaux clients grâce à une initiative zéro déchet. Crédit photo : Marc-Olivier Thibault

En Abitibi, la copropriétaire de la Boucherie des Praz, Christel Groux, a attiré de nouveaux clients grâce à une initiative zéro déchet. Crédit photo : Marc-Olivier Thibault

C’est un simple appel à se procurer du bouillon de bœuf en vrac qui a créé un engouement auquel sa copropriétaire, Christel Groux, ne s’attendait pas. Elle a vraiment été impressionnée par l’enthousiasme des gens à l’égard de son initiative. « Habituellement, je mettais le bouillon dans des plats de plastique au congélateur, mais là, j’ai fait le test d’inviter les clients à apporter leurs contenants et j’ai tout vendu entre 10 h et 14 h. De plus, des gens qu’on n’avait jamais vus à la boucherie sont spécialement venus pour ça », raconte-t-elle. Depuis, elle offre donc sporadiquement la formule, toujours très populaire.

À la demande des clients

À Oka, la ferme biologique Les Jardins de la Pinède avait déjà joint le mouvement l’été dernier devant la demande insistante de sa clientèle. Là-bas, pas de sacs fournis pour faire les emplettes ni même d’emballages sur les aliments. Que ce soit au marché, lors de la distribution des paniers de légumes ou à la boutique en libre–service, les gens apportent leurs propres sacs réutilisables ou contenants. Selon la copropriétaire de l’exploitation, la qualité des produits n’en est pas affectée. « La plus grande adaptation a été de trouver les bons contenants pour y mettre nos produits. Par exemple, on dépose nos laitues dans de gros bacs de plastique et les clients n’ont qu’à se servir », indique Marie-Josée Daguerre.

Comme La Pinte l’a fait en Estrie, l’entreprise Boréalait, en Abitibi, s’est elle aussi mise à vendre une partie de sa production laitière dans des bouteilles de verre consignées. Elle offre également du fromage en grains en vrac à la ferme et dans une épicerie zéro déchet d’Amos. Les clients sont invités à apporter leurs propres contenants pour les remplir.

Mission impossible?

Malgré tous ses efforts, la copropriétaire de Boréalait, Évelyne Rancourt, estime que le zéro déchet est « pratiquement impossible. Il y a quand même une grosse marche qu’on peut [franchir] », affirme-t-elle néanmoins.

La mise en marché zéro déchet crée tout un engouement auprès des consommateurs, sauf que ce n’est pas si simple pour l’entrepreneure convaincue. « On a décidé de choisir les pots de verre, même si c’est beaucoup plus contraignant pour nous. Il faut les assainir, gérer la consigne… C’est un choix qu’on a fait parce que ça concorde avec nos valeurs et, apparemment, avec celles de beaucoup d’autres personnes », résume-t-elle. 

Quand les grandes chaînes embarquent

La pression du mouvement zéro déchet a poussé les grandes chaînes de supermarchés à offrir plus de produits en vrac et à accepter officiellement les contenants réutilisables de leurs clients.

Le 15 avril dernier, Metro a annoncé que tous ses clients pourraient désormais apporter leurs contenants réutilisables et sacs de plastique à glissière aux comptoirs de viande, de charcuterie, de poissonnerie, de pâtisserie et de mets cuisinés. Cette nouvelle politique est déjà en vigueur dans les succursales québécoises.

« Nous souhaitons réduire l’utilisation des emballages à usage unique. Nous avons donc mis en place une structure simple qui permet à nos clients d’apporter leurs contenants de la maison, tout en ne faisant aucun compromis sur la qualité et la salubrité des produits qu’ils se procurent chez nous », a déclaré par voie de communiqué Marc Giroux, vice-président principal de Metro.

Tous les contenants ne sont toutefois pas acceptés. Contrairement aux épiceries faisant partie du Circuit zéro déchet, les contenants de verre ou ceux sur lesquels est apposé un nom de compagnie sont refusés. Évidemment, pour des questions de salubrité, les contenants souillés, tachés ou brisés ne sont pas non plus autorisés.

IGA emboîte aussi le pas avec un projet-pilote. À partir du 29 avril, fruits et légumes, produits en vrac, fromages, charcuteries, viandes, poissons, produits de boulangerie et mets préparés pourront être achetés grâce à des contenants réutilisables dans 10 magasins IGA du Québec. « On travaille fort pour que le programme soit accessible très bientôt dans tous les IGA du Québec, Les Marchés Tradition et Rachelle Béry », a promis la bannière sur sa page Facebook.

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